N° 236
du 01/10/2001

Centrafrique


Les arrestations n'en finissent plus
Après Démafouth, L'ancien ministre de la Défense,
c'est au tour de l'avocat Zarambaud Assingambi

Me Zarambaud Assingambi a été arrêté le 26 septembre à Bangui, dans la rue par huit gendarmes fortement armés alors qu'il se trouvait devant une banque. Me Assingambi est connu à Bangui pour être proche du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), la formation -actuellement suspendue- de l'ex-général Kolingba, le présumé instigateur du coup d'Etat manqué du 28 mai dernier.
L'ancien bâtonnier de l'ordre des avocats centrafricains avait multiplié les critiques, à travers la presse, sur le rôle de la Commission mixte d'enquête mise en place pour faire la lumière sur le putsch avorté.
Il s'était également fait remarquer plusieurs mois auparavant, lors de la dernière grève des fonctionnaires, pour ses prises de position virulentes contre le régime du président Ange-Félix Patassé.
Selon l'avocat Nicolas Tiangaye, président de la ligue centrafricaine des droits de l'Homme la Commission mixte d'enquête judiciaire sur le coup d'Etat manqué du 28 mai est à l'origine de l'arrestation de Me Zarambaud. Le président de la Commission, Joseph Bindoumi, a fait arrêter Me Zarambaud Assingambi, au motif que ce dernier a publié "des articles séditieux", "de nature à inciter à la haine et à la violence", a expliqué M. Tiangaye à l'issue d'une rencontre avec M. Bindoumi.

Me Zarambaud avait récemment affirmé dans des articles que la Commission mixte était "illégale et anticonstitutionnelle", promettant même de saisir le tribunal administratif pour annuler les procédures en cours. Créée le 8 juin, la Commission mixte devait initialement rendre son rapport le 11 septembre mais sa mission a été prorogée jusqu'au 11 décembre.


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