N° 236
du 01/10/2001

Centrafrique


Le lourd dossier des droits de l'homme
en Centrafrique pourrait bientôt faire l'objet de plaintes

Une partie de la diaspora centrafricaine recueille de nombreux témoignages sur les exactions - allant parfois jusqu'à la mort - dont sont victimes soit des anciens putschistes arrêtés lors ou après la tentative de coup d'Etat du 28 mai dernier, soit des réfugiés qui se sont exilés de l'autre côté du fleuve Oubangui en RD Congo.
Diverses organisations ont déjà pris contact avec Amnesty International pour que l'organisation de défense des droits de l'homme se saisisse du dossier "Centrafrique" et pour que, à terme, des poursuites soient initiées contre les auteurs de tels actes.
Au programme, la vie socio-politique en Centrafrique depuis l'arrivée du président Patasse en 1993. Dans le détail du menu, les "hold-up électoraux de 1998 et 1999", les privations récurrentes des libertés individuelles et collectives", "l'interdiction de réunion et de manifestation", le "délit d'opinion", "les actes de tortures", les "exécutions sommaires extrajudiciaires par des commissaires ou des militaires", les "assassinats politiques", la "culture d'impunité", le "manque de dialogue social et politique".
Le dossier va être épais.
Dernière victime en date de cette situation, l'adjudant-chef Kassa, qui serait, selon la diaspora centrafricaine, décédé dans les cellules de la gendarmerie territoriale de Bangui "des suites d'actes de tortures ayant entraînés des dégradations physiques." Il aurait été arrêté après le coup d'Etat manqué du 28 mai dernier et comme beaucoup d'autres victimes, il était de l'ethnie Yakoma, la même que celle de l'ex-général André Kolingba qui avait revendiqué le coup de force contre le président Patassé.Arrêté dans le cadre de la Commission d'enquête judiciaire présidée par le magistrat Bindoumi, l'adjudant Kassa n'aurait pas pu bénéficier d'une liberté provisoire pour raison médicale.
Ces mêmes sources affirment que l'on peut voir à présent des corps de victimes qui auraient été décapités puis jetés dans un lac afin de rendre impossible leur identification.


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