N° 238
du 31/10/2001

Centrafrique


Patassé limoge son chef d'état-major,
le général Bozize, et reprend l'armée en main

Le président Ange-Félix Patassé a procédé le 26 octobre à une reprise en main de son armée en limogeant le chef d'état-major des armées, le général de division François Bozize, et en nommant de nouveaux hommes à des postes stratégiques.
Le 31 août, M. Patassé avait déjà remplacé tous les ministres en charge de la sécurité du pays, en particulier le titulaire de la Défense, Jean-Jacques Démafouth, accusé d'avoir fomenté un complot parallèle.
Le général Bozize, chef d'état-major des Forces armées centrafricaines (FACA) depuis la deuxième mutinerie militaire de 1996, fait les frais de ce second tour de vis présidentiel.
Sans nouvelle affectation, il est remplacé par son ancien adjoint, le colonel Ernest Bétibangui, un officier longtemps resté dans l'ombre du président et promu aujourd'hui au grade de général de brigade, comme trois autres colonels.
C'est le cas du patron de l'Unité de sécurité présidentielle (USP), Ferdinand Bombayaké, récompensé pour la loyauté sans faille de ses quelque 800 hommes, dont un petit commando avait sauvé la vie du chef de l'Etat pendant l'attaque nocturne de sa résidence par les putschistes en mai.
Egalement promus aux grades de généraux, André Mazi devient chef d'état-major général adjoint des FACA, tandis que Jean-Baptiste Séréname est nommé chef du cabinet militaire du président.
Ce dernier remplace le général Alphonse Gombadi, nommé inspecteur général des FACA.
Autre nomination importante, celle du préfet de Bouar, le colonel Dieudonné Zérégaza, au poste de chef d'état-major de l'armée de Terre, qui succède ainsi au lieutenant-colonel Joël Abrou, tué lors du putsch avorté.
L'ancien directeur de la gendarmerie, le général François Ndjadder, également assassiné, dans des circonstances peu claires, pendant le coup d'Etat, avait été remplacé le 31 août par un magistrat, Paul Morombaye.
Depuis les décès de ces deux hauts responsables, le général Bozize semblait le seul vrai patron d'une armée comptant environ 4.000 hommes.
Contrairement aux trois mutineries de 1996-97, les FACA, entre-temps restructurées, étaient demeurées globalement loyales au régime, malgré les défections d'environ 600 éléments appartenant pour la plupart à l'ethnie minoritaire Yakoma.
Toutefois, leur relatif attentisme aux premières heures du putsch attribué par Bangui à l'ancien président André Kolingba, a suscité critiques et soupçons. Surtout depuis la mise en cause de l'ancien ministre de la Défense Jean-Jacques Démafouth, accusé par les autorités d'avoir ourdi son propre complot contre le président Patassé en marge du putsch.
Le général Bozize, bien que considéré comme un fidèle du chef de l'Etat et connu pour ses perpétuelles querelles avec le ministre Démafouth et le général Ndjadder, n'avait pas échappé à ces rumeurs de complot.
Dans les mois qui ont suivi le putsch, certains militaires ont en outre montré des signes alarmants d'indiscipline.
Peu avant cette reprise en main, les militaires ont été préventivement consignés dans les casernes.


Retour au sommaire CENTRAFRIQUE

Retour Home

Retour en haut de page