- Le président
Ange-Félix Patassé a
procédé le 26 octobre à une reprise
en main de son armée en limogeant le chef
d'état-major des armées, le
général de division François
Bozize, et en nommant de nouveaux hommes à des
postes stratégiques.
- Le 31 août, M. Patassé avait
déjà remplacé tous les ministres en
charge de la sécurité du pays, en
particulier le titulaire de la Défense,
Jean-Jacques Démafouth, accusé
d'avoir fomenté un complot parallèle.
- Le général Bozize, chef
d'état-major des Forces armées
centrafricaines (FACA) depuis la deuxième
mutinerie militaire de 1996, fait les frais de ce second
tour de vis présidentiel.
- Sans nouvelle affectation, il est remplacé par
son ancien adjoint, le colonel Ernest
Bétibangui, un officier longtemps resté
dans l'ombre du président et promu aujourd'hui au
grade de général de brigade, comme trois
autres colonels.
- C'est le cas du patron de l'Unité de
sécurité présidentielle (USP),
Ferdinand Bombayaké,
récompensé pour la loyauté sans
faille de ses quelque 800 hommes, dont un petit commando
avait sauvé la vie du chef de l'Etat pendant
l'attaque nocturne de sa résidence par les
putschistes en mai.
- Egalement promus aux grades de
généraux, André Mazi devient
chef d'état-major général adjoint
des FACA, tandis que Jean-Baptiste
Séréname est nommé chef du
cabinet militaire du président.
- Ce dernier remplace le général
Alphonse Gombadi, nommé inspecteur
général des FACA.
- Autre nomination importante, celle du préfet
de Bouar, le colonel Dieudonné
Zérégaza, au poste de chef
d'état-major de l'armée de Terre, qui
succède ainsi au lieutenant-colonel Joël
Abrou, tué lors du putsch avorté.
- L'ancien directeur de la gendarmerie, le
général François Ndjadder,
également assassiné, dans des circonstances
peu claires, pendant le coup d'Etat, avait
été remplacé le 31 août par un
magistrat, Paul Morombaye.
- Depuis les décès de ces deux hauts
responsables, le général Bozize semblait le
seul vrai patron d'une armée comptant environ
4.000 hommes.
- Contrairement aux trois mutineries de 1996-97, les
FACA, entre-temps restructurées, étaient
demeurées globalement loyales au régime,
malgré les défections d'environ 600
éléments appartenant pour la plupart
à l'ethnie minoritaire Yakoma.
- Toutefois, leur relatif attentisme aux
premières heures du putsch attribué par
Bangui à l'ancien président André
Kolingba, a suscité critiques et
soupçons. Surtout depuis la mise en cause de
l'ancien ministre de la Défense Jean-Jacques
Démafouth, accusé par les autorités
d'avoir ourdi son propre complot contre le
président Patassé en marge du putsch.
- Le général Bozize, bien que
considéré comme un fidèle du chef de
l'Etat et connu pour ses perpétuelles querelles
avec le ministre Démafouth et le
général Ndjadder, n'avait pas
échappé à ces rumeurs de complot.
- Dans les mois qui ont suivi le putsch, certains
militaires ont en outre montré des signes
alarmants d'indiscipline.
- Peu avant cette reprise en main, les militaires ont
été préventivement consignés
dans les casernes.
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