N° 239
du 20/11/2001

Centrafrique


Bozize trahi par un "complice"?

On connaissait la cassette qui avait justifier l'arrestation de l'ancien ministre de la Défense Jean-Jacques Démafouth pour complot, voici maintenant un "témoin miracle", qui a enfoncé Bozize.
Le mandat d'amener du 2 novembre à l'encontre du général Bozize a été délivré après la confession d'un "complice" affirmant avoir été recruté par l'ex-chef d'Etat-major des armées pour participer à une tentative de coup d'Etat, selon des sources officielles centrafricaines.
La veille, quelques jours après le limogeage du général Bozize, le 26 octobre, Hacine Issaka, un Centrafricain d'origine tchadienne, s'est présenté à Joseph Bindoumi, le président de la Commission mixte d'enquête judiciaire, chargée de faire la lumière sur le putsch avorté du 28 mai. L'homme aurait confié au magistrat "vouloir éviter un nouveau bain de sang à la Centrafrique". Il a assuré avoir été recruté par le général Bozize avec une dizaine d'hommes pour participer à un coup d'Etat et avoir assisté à une ultime réunion préparatoire, le 29 octobre à Bangui.
Pour étayer ses dires, Issaka a affirmé avoir aidé à transporter des armes dans deux domiciles situés dans la capitale, non loin de la résidence du président Ange-Félix Patassé et avoir participé au remplissage en munitions des chargeurs.
Selon les dires de ce témoin relatée par une source judiciaire centrafricaine, le coup était prévu le matin du 30 octobre. Une taupe, au sein de l'Unité de sécurité présidentielle (USP), "devait donner le top-départ", mais, le jour venu, jugera les circonstances peu propices.
Après cette confession, le magistrat Joseph Bindoumi a averti les autorités. Chez le président Patassé, en présence du ministre de la Défense et du chef de l'USP, le témoin aurait réitéré sa déposition.
Une perquisition menée par le magistrat Bindoumi dans les villas qui servaient de caches d'armes selon l'indicateur auraient permis de confirmer ses dires.
Ainsi, le 2 novembre, un mandat d'amener est-il délivré contre François Bozize.
Dans le clan présidentiel, on est convaincu des visées putschistes de François Bozize. Le 6 novembre, la transcription écrite d'une conversation téléphonique enregistrée le jour même entre le général Bozize et un certain "Jean-François", appelé à Bruxelles, est remise au président Patassé.
"Dans l'ensemble, les choses évoluent bien. Malheureusement, il y a la Libye qui vient tout torpiller", dit Bozize, selon ce compte-rendu. Il ajoute: "Dans ce genre de circonstances, on a besoin de tout le monde, surtout de gens comme vous". Et d'insister: "Activez! Activez!". Malheureusement, selon la justice, la bande sonore de cette conversation a été "effacée par accident". Pratiquement aucune source indépendante n'a pu entendre cet enregistrement.
Est-il besoin de préciser que le général Bozize a catégoriquement démenti la véracité de toutes ces "preuves" à charge contre lui.


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