- La Commission
d'enquête chargée de faire la
lumière sur le putsch avorté du 28 mai
à Bangui suscite des critiques croissantes, ses
détracteurs lui reprochant d'avoir envenimé
la situation en procédant à des
"arrestations arbitraires".
- Aux dires d'un élu centrafricain, "la
Commission s'est lancée tête baissée
dans l'exploitation de piles de fiches de
dénonciations anonymes", qui note que la
Commission a mis du temps "à comprendre que si
elle devait y apporter systématiquement du
crédit, c'est presque tout le pays qu'il faudrait
arrêter".
- La presse privée s'est d'abord faite
l'écho de ces critiques, avant que l'opposition,
presque muette depuis le 28 mai, ne réclame la
dissolution de la Commission qu'elle juge
illégale.
- Instaurée le 8 juin dernier par
arrêté du ministre de la Justice pour une
durée initiale de trois mois, et prorogée
pour trois mois supplémentaires le 13 septembre,
la Commission a procédé à des
dizaines d'arrestations depuis le putsch manqué
attribué par Bangui à l'ancien
président André Kolingba.
- Son président, le procureur
général Joseph Bindoumi, a remis le
9 octobre un premier rapport d'enquête
préliminaire indiquant que 70 personnes toujours
détenues seraient présentées
à la justice et 628 autres jugées par
contumace.
- Selon l'opposition, la Commission n'est pas une
juridiction mais une simple commission administrative
dont le rôle devrait se borner à recueillir
des éléments pour les remettre à la
disposition de la justice.
- La grogne, d'abord limitée à
l'opposition, a gagné plus discrètement
certains cercles du MLPC, le parti présidentiel,
après les arrestations de deux de ses
députés, Jean-Serge Wafio et
Barthélémy Boua, sans
levée préalable de leur immunité
parlementaire.
- "L'immunité, gadget politique ou
véritable protection juridique des élus de
la Nation?", a titré le quotidien privé Le
Citoyen. Le 16 novembre, face à ce flot de
critiques, le Procureur de Bangui a tenté de
calmer le jeu en indiquant que l'affaire Bozize
était entre les mains de la police judiciaire,
sous la tutelle du parquet, et non de la Commission
d'enquête.
- Mais derrière les critiques contre la
Commission et son président, réputé
très écouté du chef de l'Etat
Ange-Félix Patassé, c'est bien la
gestion de la crise par le sommet de l'Etat qui est
visée.
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