N° 239
du 20/11/2001

Centrafrique


La déclaration
des partis politiques d'opposition centrafricains

« La République Centrafricaine vient ces derniers jours, de vivre à nouveau des soubresauts de crise suscités par les déclarations et agissements contradictoires de la Présidence de la République relatifs au limogeage du Chef d'Etat Major Général des Armées, le Général François BOZIZE.
Après avoir tenté de justifier ce limogeage par une participation au coup d'Etat manqué du 28 mai 2001, elle annonçait, pour accabler BOZIZE, tantôt la découverte de caches d'armes, tantôt des préparatifs d'un nouveau coup d'Etat.
On sait aujourd'hui les conséquences dramatiques qui ont abouti au pilonnage à l'arme lourde des quartiers Nord de Bangui, principalement par les forces libyennes, causant par là-même des fuites éperdues de populations, des blessés et sans aucun doute, de nombreux morts.
Une fois de plus, la gestion chaotique de l'après coup d'Etat manqué du 28 mai 2001 a mis à nu l'incapacité du Président PATASSE à favoriser la réconciliation, la paix et l'unité nationale.
A l'origine de cette nouvelle crise se trouve encore, une fois, la fameuse Commission Mixte d'Enquête Judiciaire, dont l'existence et les méthodes d'action ont déjà, à plusieurs reprises, été dénoncées par les partis politiques d'Opposition.
Au lieu de servir à faire la lumière sur les événements du 28 mai 2001, cette commission, agissant comme une juridiction, ce qu'elle n'est pas, est devenue un facteur d'aggravation des tensions politiques et ethniques, donc de division.
Plus grave encore, cette nouvelle crise a fini d'achever l'éclatement de l'Armée Nationale, au profit de milices partisanes essentiellement composées de mercenaires " codos " et de forces armées libyennes d'occupation.
A ce propos, il convient de préciser non seulement que la présence des forces libyennes ne repose sur aucune base légale, mais encore qu'elles participent aux opérations de police et aux actions militaires aux conséquences des plus graves pour les populations.
Les partis politiques d'Opposition, signataires de la présente déclaration s'insurgent contre l'ingérence intolérable de la Libye dans les affaires intérieures de la RCA et exigent, en conséquence, le retrait immédiat du territoire national, des troupes libyennes d'occupation.
Il faut reconnaître que du fait des crises à répétition et du refus délibéré du Président PATASSE, d'appliquer les solutions consensuellement adoptées avec l'appui de la Communauté Internationale, la RCA se trouve aujourd'hui totalement isolée, tant sur le plan régional qu'international.
Notons enfin qu'un nouvel aspect de l'aggravation de cette crise est l'existence de milliers de centrafricains réfugiés à l'Etranger alors que, jusqu'ici, notre pays était réputé pays d'accueil.
Face à cette situation calamiteuse qui préoccupe à juste titre aussi bien les Centrafricains eux-mêmes, les pays voisins que la Communauté Internationale, il est urgent qu'un dialogue national s'instaure entre toutes les forces vives de la Nation, sous l'égide de l'OUA et de l'ONU.
Mais en attendant la tenue de ce dialogue national, et pour faire baisser les tensions socio-politiques, les partis politiques d'Opposition signataires de la présente déclaration demandent :
1 - la dissolution de la Commission Mixte d'Enquête Judiciaire ;
2 - l'amnistie en faveur du Général François BOZIZE et ses hommes pour les faits liés à la dernière crise;
3 - le retour des réfugiés civils et militaires non impliqués dans le coup d'Etat du 28 mai 2001 et la libération des personnes arbitrairement arrêtées par la Commission Mixte d'Enquête Judiciaire ;
4 - la saisine des Instances Judiciaires régulières pour instruire le dossier du coup d'Etat manqué du 28 mai 2001.
5 - le départ immédiat des troupes libyennes d'occupation. »
Fait à Bangui, le 11 novembre 2001
(Déclaration des partis politiques après débat au siège de l'ADP)
 
Ont signé : ADP - ASD - CNP - FC - FND - FODEM - FPP - MDD - MDI -PS - MESAN-BOGANDA - MNR - UNDD - UPR - PUN.


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