- « La République Centrafricaine vient ces
derniers jours, de vivre à nouveau des soubresauts
de crise suscités par les déclarations et
agissements contradictoires de la Présidence de la
République relatifs au limogeage du Chef d'Etat
Major Général des Armées, le
Général François BOZIZE.
- Après avoir tenté de justifier ce
limogeage par une participation au coup d'Etat
manqué du 28 mai 2001, elle annonçait, pour
accabler BOZIZE, tantôt la découverte de
caches d'armes, tantôt des préparatifs d'un
nouveau coup d'Etat.
- On sait aujourd'hui les conséquences
dramatiques qui ont abouti au pilonnage à l'arme
lourde des quartiers Nord de Bangui, principalement par
les forces libyennes, causant par là-même
des fuites éperdues de populations, des
blessés et sans aucun doute, de nombreux morts.
- Une fois de plus, la gestion chaotique de
l'après coup d'Etat manqué du 28 mai 2001 a
mis à nu l'incapacité du Président
PATASSE à favoriser la réconciliation, la
paix et l'unité nationale.
- A l'origine de cette nouvelle crise se trouve encore,
une fois, la fameuse Commission Mixte d'Enquête
Judiciaire, dont l'existence et les méthodes
d'action ont déjà, à plusieurs
reprises, été dénoncées par
les partis politiques d'Opposition.
- Au lieu de servir à faire la lumière
sur les événements du 28 mai 2001, cette
commission, agissant comme une juridiction, ce qu'elle
n'est pas, est devenue un facteur d'aggravation des
tensions politiques et ethniques, donc de division.
- Plus grave encore, cette nouvelle crise a fini
d'achever l'éclatement de l'Armée
Nationale, au profit de milices partisanes
essentiellement composées de mercenaires " codos "
et de forces armées libyennes d'occupation.
- A ce propos, il convient de préciser non
seulement que la présence des forces libyennes ne
repose sur aucune base légale, mais encore
qu'elles participent aux opérations de police et
aux actions militaires aux conséquences des plus
graves pour les populations.
- Les partis politiques d'Opposition, signataires de la
présente déclaration s'insurgent contre
l'ingérence intolérable de la Libye dans
les affaires intérieures de la RCA et exigent, en
conséquence, le retrait immédiat du
territoire national, des troupes libyennes d'occupation.
- Il faut reconnaître que du fait des crises
à répétition et du refus
délibéré du Président
PATASSE, d'appliquer les solutions consensuellement
adoptées avec l'appui de la Communauté
Internationale, la RCA se trouve aujourd'hui totalement
isolée, tant sur le plan régional
qu'international.
- Notons enfin qu'un nouvel aspect de l'aggravation de
cette crise est l'existence de milliers de centrafricains
réfugiés à l'Etranger alors que,
jusqu'ici, notre pays était réputé
pays d'accueil.
-
- Face à cette situation calamiteuse qui
préoccupe à juste titre aussi bien les
Centrafricains eux-mêmes, les pays voisins que la
Communauté Internationale, il est urgent qu'un
dialogue national s'instaure entre toutes les forces
vives de la Nation, sous l'égide de l'OUA et de
l'ONU.
-
- Mais en attendant la tenue de ce dialogue national,
et pour faire baisser les tensions socio-politiques, les
partis politiques d'Opposition signataires de la
présente déclaration demandent :
- 1 - la dissolution de la Commission Mixte
d'Enquête Judiciaire ;
- 2 - l'amnistie en faveur du Général
François BOZIZE et ses hommes pour les faits
liés à la dernière crise;
- 3 - le retour des réfugiés civils et
militaires non impliqués dans le coup d'Etat du
28 mai 2001 et la libération des personnes
arbitrairement arrêtées par la Commission
Mixte d'Enquête Judiciaire ;
- 4 - la saisine des Instances Judiciaires
régulières pour instruire le dossier du
coup d'Etat manqué du 28 mai 2001.
- 5 - le départ immédiat des troupes
libyennes d'occupation. »
-
- Fait à Bangui, le 11 novembre 2001
- (Déclaration des partis politiques
après débat au siège de l'ADP)
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- Ont signé : ADP - ASD - CNP - FC - FND -
FODEM - FPP - MDD - MDI -PS - MESAN-BOGANDA - MNR -
UNDD - UPR - PUN.
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