- Limogé le 26
octobre, l'ancien chef d'état-major des
armées centrafricaines, le
général François
Bozizé, a fui Bangui le 7 novembre, lorsque
l'Unité de sécurité
présidentielle (USP) et l'armée
ont donné l'assaut à sa résidence,
où il était retranché depuis le 2
novembre.
- Après moins de trois jours de fuite
éperdue à travers le nord de la
Centrafrique, il s'est finalement réfugié
au Tchad où il a déposé les armes,
le 9 novembre.
- Le général Bozize était sous le
coup d'un mandat d'amener délivré le 2
novembre par la Commission nationale mixte
d'enquête judiciaire centrafricaine, chargée
de faire la lumière sur le putsch avorté du
28 mai dernier, imputé par le régime de
Bangui à l'ancien président
Kolingba.
- Soutenu par quelques dizaines de soldats du Bataillon
d'infanterie territoriale (BIT) membres, comme lui, de
l'ethnie Gbaya, il a résisté par les
armes aux soldats envoyés par la Commission
d'enquête pour l'arrêter à Bangui.
- Les jours suivants, le général Bozize
était resté retranché dans sa
résidence du nord de Bangui, attenante au BIT. Ses
partisans bloquaient par des barrages la sortie nord de
la capitale. Des tirs d'armes lourdes et automatiques
semaient régulièrement la panique parmi les
populations de deux quartiers nord de Bangui,
Boy-Rabé et Fouh, des fiefs électoraux du
président Patassé.
- Alors que le représentant du secrétaire
général de l'ONU en Centrafrique, le
général sénégalais Lamine
Cissé, tentait une médiation pour trouver
une issue pacifique au cas de M. Bozize, la
présidence l'a accusé de préparer un
coup d'Etat et les forces loyalistes sont passées
à l'assaut de sa résidence.
- Il a trouvé refuge à Sarh, au sud du
Tchad, à environ 120 km de la frontière
centrafricaine. A Sarh, logé dans la villa des
Hôtes réservée aux visiteurs de
marque, il a rencontré le Premier ministre
tchadien Nagoum Yamassoum, ainsi que le directeur de
cabinet du chef d'Etat libyen Mouammar Kadhafi.
- Après cette entrevue, le Tchad a fait savoir
que le général Bozize ne serait pas
extradé vers le Centrafrique car "l'extradition de
réfugiés politiques est interdite" par la
Constitution tchadienne.
- La président Ange-Félix Patassé
a durci violemment le ton le 14 novembre en "cassant"
l'ancien chef d'état-major au rang de soldat de
seconde classe et en avertissant l'opposition qu'"il n'y
a pas de place en Centrafrique pour les putschistes et
les terroristes".
- La dégradation du général Bozize
semble donc fermer la porte au règlement
négocié prôné par le Tchad,
tandis qu'un nombre indéterminé de
partisans armés de Bozize se trouvent toujours
à l'extrême nord de la Centrafrique, non
loin de la frontière tchadienne.
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