- Un communiqué
conjoint des partis d'opposition réclamant le 14
novembre "le départ immédiat des troupes
libyennes d'occupation" de la Centrafrique et "une
amnistie en faveur du général Bozize et de
ses hommes", a déclenché l'ire
présidentielle. Dans cette déclaration
"relative à l'affaire Bozize", quatorze partis
d'opposition, représentant une trentaine de
députés sur 109, ont dénoncé
"la gestion chaotique de l'après-coup d'Etat
manqué" par le régime et
"l'ingérence intolérable de la Libye dans
les affaires intérieures de la RCA".
- Outre le départ du contingent libyen
présent à Bangui depuis le putsch
manqué et l'amnistie pour Bozize, les signataires
demandaient notamment "la dissolution de la Commission
mixte d'enquête judiciaire sur le putsch"
manqué du 28 mai dernier et "la libération
des personnes arbitrairement arrêtées par la
Commission".
- Une cinquantaine de députés de
l'opposition et de la majorité ont par ailleurs
adopté le 13 novembre une résolution pour
interpeller le gouvernement sur les arrestations, une
semaine plus tôt, de deux députés du
Mouvement de libération du peuple
centrafricain (MLPC, au pouvoir), sans
levée préalable de leur immunité
parlementaire. Le 1er vice-président de
l'Assemblée nationale, Jean-Serge Wafio,
membre du MLPC et député de Bossangoa 2
(nord-ouest), a été arrêté le
6 novembre par la Commission d'enquête sur le coup
d'Etat du 28 mai.
- Il est soupçonné par la Commission
d'avoir distribué des armes dans son quartier de
Boy-Rabé (nord de Bangui) à des habitants
proches du général François Bozize.
- Un autre député du MLPC,
Barthélémy Boua, proche de M. Wafio, a
également été arrêté,
le 8 novembre, alors qu'il allait porter de la nourriture
à ce dernier sur son lieu de détention.
-
- La riposte de la présidence centrafricaine a
fusé en deux temps par l'intermédiaire de
son porte-parole, Prosper Ndouba qui a lu à
la radio nationale un décret présidentiel
annonçant que le général Bozize
a été "cassé et remis simple
soldat de 2ème classe", pour "atteinte à la
sûreté intérieure de l'Etat".
- Le porte-parole de la présidence a ensuite lu
un communiqué présidentiel cinglant,
mettant "sévèrement en garde les partis
politiques de l'opposition et tous ceux qui succombent
aux tentations putschistes et terroristes qu'il n'y a pas
de place en Centrafrique pour les putschistes et les
terroristes".
- La présidence a une nouvelle fois
justifié la présence du contingent
militaire libyen déployé à Bangui
depuis la tentative de coup d'Etat pour assurer la
protection du chef de l'Etat, et un contingent libyen qui
a été renforcé lors de la
"résistance" du général Bozize,
- "La présence des troupes libyennes en
Centrafrique, est non seulement conforme aux accords
régissant l'appartenance de notre pays à
l'espace SENSAD (NDLR: sigle arabe de la
Communauté des Etats sahélo-sahariens:
COMESSA), mais relève de la souveraineté du
chef de l'Etat", selon le communiqué
présidentiel.
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