N° 239
du 20/11/2001

Centrafrique


Le Tchad serait-il mal à l'aise,
avec des Libyens au Nord et au Sud ?

On comprend aisément que N'Djaména n'ait pas voulu "livrer" Bozize aux autorités centrafricaines, ce dernier étant originaire de la préfecture de l'Ouham (nord-ouest), frontalière avec le Tchad, il aurait pu trouver des sympathisants des deux côtés de la frontière, ouvrant ainsi un "front" au Sud du Tchad, ce que le président Deby ne peut guère se permettre ayant déjà à tenir tête à sa rébellion du Tibesti, au Nord.
De plus, la présence de militaires libyens à Bangui depuis le coup d'Etat avorté du 28 mai, pourrait enfin bouleverser, sur le long terme, la donne stratégique pour le Tchad.
C'est en effet la première fois dans son histoire que le Tchad se retrouve bordé, au nord comme au sud, par un voisin libyen devenu "ami" seulement depuis quelques années.
Alors chef d'état-major d'Hissène Habré, c'est Idriss Deby qui, en 1987, avait chassé l'armée du colonel Kadhafi hors du Borkou-Ennedi-Tibesti (BET, nord du Tchad), lors d'une guerre restée gravée dans les mémoires des deux côtés de la frontière.
Prudemment, le régime tchadien a donc opté pour le "dialogue" depuis le début de l'affaire Bozize, au nom de son appartenance commune avec la Centrafrique et la Libye à la Communauté des Etats sahélo-sahariens (COMESSA).


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