N° 240
du 30/11/2001

Centrafrique


L'Assemblée interpelle le gouvernement
sur l'arrestation de députés

Le gouvernement a été interpellé le 22/11/2001 par l'Assemblée à propos des arrestations de deux députés en marge de l'affaire Bozizé, sans levée préalable de leur immunité parlementaire.
Jean-Serge Wafio, premier vice-président de l'Assemblée nationale, et Barthélémy Boua, tous deux députés du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC, au pouvoir), ont été interpellés début novembre, en marge de troubles liés à la rébellion de Bozizé.
Détenu depuis le 6 novembre, M. Wafio est soupçonné d'avoir distribué des armes aux partisans du général Bozizé.
M. Boua, qui a été libéré le 15 novembre, avait été interpellé 48 heures plus tard alors qu'il allait rencontrer M. Wafio sur son lieu de détention.
Les députés ont accusé le gouvernement d'avoir violé la Constitution et ont exigé la libération de leur collègue Wafio.
"L'Assemblée nationale voudrait connaître le sens que votre gouvernement accorde aux dispositions de l'article 49 de la Constitution", a déclaré à l'adresse du Premier ministre le président de l'Assemblée, Luc Appolinaire Dondon Konamabaye, à l'ouverture des débats.
Cet article stipule que "les membres de l'Assemblée nationale jouissent de l'immunité parlementaire" et qu'un député "ne peut, hors session, être arrêté qu'avec l'autorisation du Bureau de l'Assemblée nationale, sauf dans les cas de flagrant délit, de poursuites autorisées ou de condamnations définitives".
Le Premier ministre, Martin Ziguélé, et le ministre de la Justice, Marcel Météfara, ont réaffirmé de leur côté "l'engagement et la détermination du gouvernement à respecter les dispositions de la Constitution centrafricaine".
Tout en refusant l'immixtion de l'exécutif dans le pouvoir judiciaire, "je souhaite que la procédure judiciaire soit accélérée" pour trouver une solution "dans un souci d'apaisement" dans l'affaire Wafio, a ajouté le premier ministre Martin Ziguélé.


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