- La force ou le dialogue
politique : deux sommets qui se sont tenu respectivement
à Khartoum au Soudan et à Libreville au
Gabon, ont mis en évidence en l'espace de trois
jours les divergences de remèdes
préconisés pour le malade centrafricain par
ses deux influents parrains africains, la Libye et le
Gabon.
- Eprouvée par trois mutineries militaires en
1996-97, la Centrafrique a renoué avec ses
poussées de fièvre chroniques lors du coup
d'Etat manqué du 28 mai dernier, suivi,
début novembre, par la dissidence armée de
son ancien chef d'état-major
François Bozizé,
réfugié depuis au Tchad.
- La réunion de Khartoum, placée sous
l'égide de la Communauté des Etats
sahélo-sahariens (COMESSA),
organisation créée par la Libye, a
décidé du principe de l'envoi d'une "force
de maintien de la paix" à Bangui.
- Celle de Libreville, initiée sous les auspices
de la Communauté économique et
monétaire des Etats de l'Afrique centrale
(CEMAC), dont le président Bongo est le
doyen, a préconisé "dialogue", "apaisement"
et "amnistie", éludant toute allusion directe
à une force militaire.
- Avant l'heure, nul n'ignorait, en RCA comme au Tchad,
quelle musique sortirait de la trompette COMESSA et du
hautbois CEMAC.
- Le président Ange-Félix
Patassé, reconnaissant de l'aide militaire
décisive de Tripoli envoyée à son
secours fin mai, penchait pour Khartoum.
- Depuis le putsch manqué, commis par d'anciens
officiers mutins qu'il avait jadis amnistiés sous
la pression de la communauté internationale, M.
Patassé estimait avoir assez pardonné.
Désormais, la justice trancherait le cas des
"putschistes, terroristes".
- De son côté, Idriss Deby,
embarrassé par la présence de
l'invité-surprise Bozizé, que sa
constitution interdit d'extrader, savait qu'il trouverait
à Libreville une oreille attentive à son
souhait de voir l'affaire se régler par le
dialogue entre Centrafricains.
- La Force de paix évoquée au Soudan
permettrait au colonel Khadafi d'asseoir la
crédibilité de son projet d'Union
africaine, en jouant le rôle du "gendarme" de
l'Afrique, autrefois dévolu à la France.
- Un rôle de gendarme qui n'est pas
forcément du goût de tout le monde.
L'opposition centrafricaine a eu vite fait de
dénoncer une manŠuvre libyenne destinée
à "légitimer son occupation militaire" et
à "maintenir artificiellement M. Patassé au
pouvoir".
- A Libreville, Omar Bongo a
préféré faire jouer la partition du
dialogue politique, seul remède "durable" à
ses yeux.
- Quant à Patasse, ne voulant fâcher aucun
de ses prestigieux médecins, il s'est
contenté de déclarer à l'issue de
ces deux sommets : "Je suis satisfait. Les
démarches de la CEMAC et de la COMESSA sont
complémentaires". (avec AFP)
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