N° 242
du 02/01/2002

Centrafrique


Abandon des poursuites judiciaires
contre le général Bozizé qui refuse
de rentrer au pays et réclame une amnistie

"La poursuite de la procédure contre François Bozizé et autres est inopportune", a annoncé de manière impromptue à la radio nationale, le jour de Noël, le président de la Commission mixte d'enquête judiciaire, Joseph Bindoumi, chargée de faire la lumière sur le putsch manqué du 28 mai dernier. "Le procureur de la République, près le Tribunal de grande instance de Bangui, mettra immédiatement en liberté les personnes considérées comme auteurs, co-auteurs et complices dans cette affaire", a ajouté Joseph Bindoumi.
L'ancien chef d'état-major, réfugié actuellement au Tchad, était accusé lui aussi d'avoir voulu renverser le président Ange-Félix Patassé.
Des accrochages survenus fin novembre dans le nord de la Centrafrique entre des troupes centrafricaines et ses partisans armés, qui se sont également réfugiés au Tchad, ont probablement avivé les craintes des autorités centrafricaines de voir ces soldats perdus former un début de rébellion.
Les tensions entre le Tchad et la Centrafrique a atteint son apogée le 21 décembre, quand les deux pays se sont mutuellement accusés de mouvements de troupes sur leur frontière commune.
Cette décision surprise de Bangui doit sans doute beaucoup à la pression de la Libye, qui soutient militairement le régime du président Patassé, avec quelque 200 militaires libyens toujours présents dans le pays. Le ministre libyen de l'Unité africaine, Ali Abdel Salam Triki, venait en effet de rencontrer les présidents Patassé et gabonais Omar Bongo, avant que Bangui ne se décide à faire un geste en direction de Bozize, et surtout du Tchad.
 
Le général Bozizé : une amnistie avant tout retour en Centrafrique
 
François Bozizé, dans un entretien à Radio France Internationale (RFI), a lié son retour en Centrafrique à une amnistie de la part du président Ange-Félix Patassé. "Que le président de la République prenne une décision d'amnistie" au lieu de "laisser la justice jouer un jeu flou et confus", a-t-il réagi à l'annonce de l'arrêt des poursuites judiciaires lancées contre lui.
Il s'est aussi interrogé sur la "sincérité" du président centrafricain Patassé. "S'il est sincère, que les troupes étrangères quittent le sol centrafricain, qu'on n'entende plus parler de la venue d'une force de maintien de la paix en République centrafricaine", a déclaré le général exilé, en référence aux conclusions du sommet de Khartoum sur la crise centrafricaine, organisé le 3 décembre à l'initiative de la Libye.
Le Tchad et la Libye ont par ailleurs salué la décision des autorités centrafricaines d'abandonner les poursuites judiciaires contre l'ancien chef d'état-major.


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