N° 243
du 18/01/2002

Centrafrique


Les évêques s'alarment

Les évêques centrafricains se sont alarmés des risques d'implosion de la République centrafricaine "prise en otage par les hommes en armes" et vouée à une misère croissante, à l'issue de leur réunion plénière qui s'est tenue samedi 12 janvier à Bangui.
"Le constat est plus qu'alarmant: depuis les dernières mutineries (1996-97) jusqu'aux derniers coups de force (mai et novembre 2001), tout le pays est comme pris en otage par les hommes en armes", ont déclaré les évêques dans leur déclaration publique.
"Chaque jour qui passe nous rapproche lentement mais sûrement d'une implosion certaine si rien n'est fait, car l'accumulation de tant de haine, de souffrances et de frustrations ne peut conduire qu'à la violence aveugle", estiment-ils.
Les hommes d'Eglise ont appelé la classe politique, les fonctionnaires et les syndicalistes à "laisser de coté leurs dissensions pour travailler ensemble", et demandé le retour au pays des exilés.
Dans cette déclaration, la hiérarchie catholique s'est aussi alarmée des conséquences de la pauvreté en RCA, estimant que le non-paiement des salaires a "fini par gangrener toutes les catégories sociales".
"Privés de la juste rétribution de leur travail, ceux qui oeuvrent dans les services publics en sont réduits aujourd'hui à monnayer leurs prestations", relèvent-ils, citant pour exemple la multiplication des barrages des forces de l'ordre "où les populations sont systématiquement rackettées".
Et de noter pour conclure : "Aux quatre coins du pays, la population s'enfonce inexorablement dans une misère jamais égalée; la colère gronde dans l'arrière-pays; le café, le coton, le tabac ne sont plus régulièrement achetés. On assiste ainsi à l'appauvrissement de toute une Nation, créant la colère des hommes qui n'ont plus rien à perdre".


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