N° 245
du 28/02/2002

Centrafrique


Quand la classe politique
se reparle, avec l'aide de l'ONU

Le Bureau de l'ONU en Centrafrique (BONUCA) a réussi à organiser pendant deux jours, les 18 et 19 février, une réunion de la classe politique centrafricaine, destinée à favoriser le dialogue national entre pouvoir et opposition. Dans le communiqué final de cette réunion, lu par le rapporteur des travaux, Stanislas-Samuel Zoumbéti, membre du cabinet du président Ange-Félix Patassé, il est fait état de l'engagement des partis de la majorité et de l'opposition à poursuivre le dialogue et à résoudre leurs différents par la voie pacifique. Les participants ont également convenu de fixer une périodicité à leurs rencontres. Quelque 160 parlementaires et représentants des partis politiques ont pris part à cette rencontre.
Déchirée par trois mutineries militaires en 1996-97, la RCA a replongé en 2001 dans un cycle de violences, qui a débuté le 28 mai par une tentative de coup d'Etat contre le président Ange-Félix Patassé.
 
Les réactions
"Le communiqué final qui sanctionne ces deux jours de travaux est la première balise d'une volonté nouvelle des acteurs politiques centrafricains à dialoguer, à se concerter, à communier ensemble", s'est réjoui le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Centrafrique, le général Lamine Cissé.
"Cette rencontre marque une réelle volonté de la communauté internationale d'aider la RCA à consolider les acquis de son processus démocratique, mais nous devons exclure l'anathème et la personnification des débats", a déclaré le président de l'Assemblée, Luc Appolinaire Dondon Konamabaye, cacique du régime.
Marcel Loudégué, député du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC, au pouvoir), a également salué l'initiative du BONUCA : "Depuis huit mois (date du coup d'Etat manqué de mai 2001, ndlr), aucun groupement politique n'a tenté un tel rapprochement. Chacun de nous a peur de son ombre. Chacun de nous a peur de son voisin", a-t-il souligné.
Pour Paul Bellet, porte-parole des 14 principaux partis de l'opposition, "il est clair que c'est par la force brutale et non par le dialogue que le président Patassé entend résoudre la crise politique qui secoue la RCA". "En toute liberté et en toute franchise, nous pensons que cette initiative du BONUCA doit être l'amorce d'un processus qui va conduire les Centrafricains à s'unir et à trouver par eux-mêmes les solutions à leurs problèmes", a-t-il ajouté.


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