N° 246
du 14/03/2002

Centrafrique


Le procès du putsch manqué à Bangui ajourné

Le procès des auteurs présumés du putsch manqué du 28 mai 2001 en Centrafrique a été ajourné le 12 mars à "deux ou trois mois", en raison de l'absence depuis le 8 mars des avocats des accusés, a annoncé le président de la Cour criminelle de Bangui, Zacharie N'Douba.
Les avocats de la défense boycottent le procès depuis le 8 mars pour protester contre l'interdiction faite à l'un des leurs, Me Zarambaud Assingambi, de continuer à assurer la défense de certains accusés.
Le président de la Cour criminelle de Bangui a motivé sa décision d'ajournement en indiquant que "la poursuite des débats hors la présence des avocats constitués dans cette affaire serait une violation grave des droits de la défense".
"Nous ne voulons pas cautionner une parodie de justice", avait expliqué Me Nicolas Tiangaye, avocat de l'ancien ministre centrafricain de la Défense, Jean-Jacques Démafouth, ajoutant que "tant que les droits de la défense ne seront pas respectés, tant que les menaces continueront à peser sur le libre exercice de la profession, nous ne reviendrons pas dans la salle".
La Cour criminelle de Bangui avait accédé le 7 mars à une requête du procureur général, Joseph Bindoumi, visant à empêcher Me Zarambaud, avocat d'une dizaine d'accusés, de continuer à les défendre.
Le procureur Bindoumi avait rappelé que Me Zarambaud n'était qu'en "liberté provisoire", après avoir été arrêté en septembre 2001 et entendu par la Commission mixte d'enquête judiciaire chargée de faire la lumière sur le putsch manqué.
Proche de l'ex-président André Kolingba, accusé par Bangui d'être l'instigateur du coup d'Etat manqué du 28 mai, Me Zarambaud avait été remis en "liberté provisoire" le 11 décembre. L'avocat s'était vu dans un premier temps reprocher, comme incitant "à la haine et à la violence", des articles de presse dans lesquels il dénonçait le caractère inconstitutionnel et illégal de cette Commission présidée par le procureur Bindoumi, avant d'être accusé d'être le "cerveau du coup d'Etat". Il ne figure toutefois pas parmi les accusés à ce procès, entamé le 15 février et qui devait s'achever avant le 30 mars prochain.


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