N° 247
du 02/04/2002

Centrafrique


Le colonel Touaguendet
condamné à 20 ans de prison pour "assassinat"

La Cour criminelle de Bangui a condamné le 28/03/2002 l'ancien sous-chef d'état-major de l'armée de terre centrafricaine, le colonel Georges Touaguendet, à 20 ans de prison ferme pour l'assassinat en juillet 2001 de deux jeunes gens, dont un neveu de l'actuel Premier ministre.
"La Cour déclare le colonel Touaguendet coupable d'assassinat. L'accusé bénéficie cependant des circonstances atténuantes pour service rendu à la nation", selon le verdict lu par le juge Etienne Koyagué (BIEN Koyagué), qui présidait l'audience.
Le colonel Touaguendet échappe ainsi à la peine de mort, qu'avait requise le procureur, Flammarion Goba, qui estimait que l'officier supérieur avait agi avec préméditation. Ce dernier avait en effet reconnu qu'il avait fait arrêter deux garçons par ses hommes le 29 juillet 2001, avant de les abattre froidement, en personne, aux abords de l'Assemblée nationale. Il soupçonnait ses victimes, Patience Wazona, un élève de 19 ans, et Raphaël Innlet, lieutenant des Douanes de 27 ans et neveu de l'actuel Premier ministre Martin Ziguélé, de vouloir attenter à sa vie.
La Cour a suivi la plaidoirie de l'avocat de l'accusé, Ignace Bandassa, qui avait demandé à la justice d'accorder à son client des circonstances atténuantes pour son rôle dans le rétablissement de l'ordre public lors des mutineries militaires de 1996-1997 et pour sa participation dans la lutte contre les braconniers et les bandits de grand chemin.
Habillé en civil, l'accusé n'a montré aucun signe d'émotion à la lecture du verdict. Il n'a pas non plus fait appel de sa condamnation.
"Je prie la cour de transmettre mon pardon aux parents des défunts", a-t-il seulement déclaré avant d'être ramené dans sa cellule.
La Cour a également condamné le colonel Touaguendet "à payer 20 millions de francs CFA (près de 30.500 euros) à titre de dommages et intérêts à chacune des parties civiles".
L'ancien chef de corps, qui se fait appeler "Katos" et se prétend invincible aux balles, avait la réputation d'une "gâchette facile" dans la capitale centrafricaine. Il avait été placé en résidence surveillée et suspendu de ses fonctions après ce double meurtre.
Il avait quitté son lieu d'assignation début novembre 2001, à l'occasion des troubles armés provoqués par la tentative d'arrestation de l'ancien chef d'état-major des armées, le général François Bozizé, accusé de complot par les autorités centrafricaines.
A la tête d'un groupe de militaires dévoués à sa personne, il avait alors semé la terreur dans un quartier de Bangui pendant plusieurs jours, avant d'être arrêté et incarcéré. (afp)


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