N° 252
du 02/07/2002

Centrafrique


Les députés rejettent deux projets de loi sur la presse
et refusent de légaliser les fêtes musulmanes

L’Assemblée, réunie en session extraordinaire, a rejeté deux projet de loi sur la presse, dont un projet de loi relatif à la liberté de la communication jugé “trop répressif” en raison de ses dispositions sur les sanctions infligées à leurs auteurs, qui maintenaient les peines de prison (1 mois à trois ans) déjà existantes.
L’Assemblée a également rejeté un projet de loi portant création d’un Haut-Conseil de la communication, qui devait garantir et réguler la liberté de la presse. Les députés ont jugé que certaines dispositions du projet de loi plaçaient cet organe de régulation sous la tutelle du ministère de la Communication, au détriment de son indépendance.
Enfin, a aussi été rejeté un projet de loi fixant le calendrier des fêtes légales en raison de l’introduction de certaines célébrations musulmanes.
Le ministère de la Fonction publique avait présenté ce texte qui prévoyait d’inclure au calendrier des fêtes légales des célébrations musulmanes telles que la Tabaski ou l’Aïd-el-Kebir. Il estimait qu’au nom de la laïcité de l’Etat centrafricain, il n’y avait pas lieu d’établir une discrimination entre les fêtes chrétiennes et musulmanes dans le pays.
Mais les députés ont rejeté ce texte, en faisant valoir leurs craintes de voir la RCA glisser vers l’intégrisme musulman ou une islamisation des populations.
La Centrafrique est peuplée à environ 80% de chrétiens (catholiques et protestants), animistes ou non, et compte environ 20% de musulmans.
Comme dans le sud chrétien du Tchad voisin, on y assiste à des conversions à l’Islam de nombreux centrafricains de culture chrétienne.

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