- Lancien président centrafricain, le général André Kolingba, et une vingtaine de militaires centrafricains, jugés par contumace dans le cadre du procès sur le coup dEtat manqué du 28 mai 2001, ont été condamnés à mort le 26 août par la Cour criminelle de Bangui.
Lex-chef de lEtat, au pouvoir de 1981 à 1993, a été reconnu coupable du crime datteinte à la sûreté intérieure de lEtat par la Cour criminelle qui a suivi le réquisitoire du procureur général, Joseph Bindoumi, qui avait requis la peine capitale contre le général Kolingba pour avoir préparé et exécuté lattaque, dans la nuit du 27 au 28 mai 2001, de la résidence de lactuel président Ange-Félix Patassé, au pouvoir depuis 1993.
En fuite, comme la plupart des 615 présumés putschistes jugés vendredi dernier par contumace, le général Kolingba avait de toute façon endossé la paternité de ce putsch sur les ondes de Radio France internationale (RFI) quelques jours plus tard.
Ce coup de force, suivi de près de deux semaines de combats entre putschistes et troupes loyalistes, avait fait 59 morts, selon un bilan officiel, davantage selon des témoignages, et provoqué lexode denviron 80.000 Banguissois.
La Cour criminelle, une juridiction spéciale dépendant de la cour dappel de Bangui, a également condamné à mort, comme lavait demandé le procureur général, 22 officiers et sous-officiers reconnus coupables du même crime.
Trois fils dAndré Kolingba, Serge, Francis, et Arthur, ainsi que le commandant Anicet Saulet, qui avait mené lune des mutineries militaires de 1996-97 en Centrafrique, font partie de ce groupe.
La Cour pouvait difficilement être clémente au regard des témoignages recueillis par la Commission mixte denquête judiciaire sur le coup dEtat. Des témoignages, accablants pour la plupart des condamnés, souvent cités nommément dans certaines phases du putsch.
Dans le cas du général Kolingba, des témoins ont rapporté la tenue de réunions secrètes à son domicile, où des armes avaient également, selon eux, été entreposées.
La Cour criminelle, présidée par Zacharie Ndouba, a créé la surprise en condamnant aussi à mort le député dopposition Charles Massi, un militaire en disponibilité et en exil depuis début 2001 en France, ainsi quun colonel des douanes, pourtant présentés par le procureur général parmi les co-auteurs du putsch.
Le général Guillaume Lucien Ndjengbot, un proche dAndré Kolingba incarcéré au moment des faits avant dêtre libéré par les putschistes, contre lequel avait été requis la peine capitale, a en revanche été placé dans ce groupe des co-auteurs, dix personnes au total, condamnés à 20 ans de travaux forcés.
Pour tous ces condamnés, la Cour a par ailleurs ordonné la confiscation des biens meubles et immeubles.
Le verdict a également été sévère envers ceux que le procureur avait décrit comme des déserteurs, un groupe denviron 580 militaires en fuite ou qui, rentrés à Bangui dans lanonymat, ne se sont pas présentés à la justice de leur pays. Elle les a reconnus coupables de désertion pour complot, avant de les condamner à dix ans de réclusion, alors que les peines requises étaient de 10 ans de travaux forcés.
La Cour criminelle a par ailleurs délivré à lissue du verdict un mandat darrêt contre lensemble des condamnés jugés par contumace, qui ont également été déchus de leurs droits civiques.
La Cour a repris le procès de quelque 82 autres présumés putschistes, militaires et civils, présents à Bangui, et parmi lesquels figure lancien ministre de la Défense de lépoque, Jean-Jacques Démafouth, accusé davoir ourdi un complot parallèle.
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