N°259
du 29/11/2002

Centrafrique


Le colonel centrafricain Abdoulaye Miskine
est arrivé à Lomé

Le colonel centrafricain Abdoulaye Miskine, considéré par N’Djamena comme un ex-rebelle tchadien, est arrivé le 5 novembre à Lomé en provenance de Bangui.
Le départ de Centrafrique du colonel Miskine constituait l’un des éléments-clés de l’accord de Libreville conclu le 2 octobre par les chefs d’Etat d’Afrique centrale en vue de désamorcer la crise persistante entre Bangui et N’Djamena.
Le gouvernement tchadien, que Bangui accuse d’être impliqué dans la dernière tentative de coup d’Etat, reprochait à Miskine d’avoir commis depuis un an des exactions contre des ressortissants tchadiens au nord de la Centrafrique.
N’Djamena lui impute également la responsabilité des “massacres” de 150 civils tchadiens, le 31 octobre dernier à Bangui, au lendemain de l’échec de l’offensive des hommes de l’ancien chef d’état-major centrafricain François Bozizé.
Les autorités centrafricaines ont démenti l’existence de tels massacres.
Avant ces événements, Miskine avait été chargé par les autorités centrafricaines de sécuriser sa frontière nord, limitrophe du Tchad.
Le président Patassé lui a rendu hommage avant son départ en exil pour le Togo. M. Patassé a qualifié d’”injustice” le départ forcé de l’homme qu’il avait chargé depuis un an de sécuriser la frontière de la RCA avec le Tchad.
L’éloignement d’Abdoulaye Miskine de la RCA a été accepté par M. Patassé le 2 octobre à Libreville lors d’un sommet de chefs d’Etats d’Afrique centrale destiné à apaiser les tensions entre le Tchad et la Centrafrique.
“Il m’a été demandé par mes pairs de faire un effort pour sauver la face du président (tchadien Idriss) Deby, j’ai accepté ce sacrifice mais c’est de l’injustice”, a martelé le président centrafricain lors d’une cérémonie à sa résidence privée.
M. Patassé a réaffirmé qu’il y a avait eu une confusion d’identité et que Koumtan Madji Martin “qu’on a surnommé Miskine est centrafricain et n’a rien à voir avec le fameux Miskine” dénoncé par le Tchad.
Il a remis à ce dernier la cravate de commandeur dans l’Ordre du mérite centrafricain et l’a remercié d’avoir accepté de quitter la RCA pour le Togo, pays où, a-t-il rappelé, il a vécu lui-même même dix ans en exil sous le règne de son prédécesseur André Kolingba.

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