N°259
du 29/11/2002

Centrafrique


Les évêques centrafricains indignés
par les brutalités des hommes armés

Les évêques centrafricains ont exprimé le 24/11 leur indignation face aux “terribles brutalités” des hommes armés, dont ils dénoncent “l’insoutenable sauvagerie” envers les femmes, dans une déclaration publique.
“Souillées dans leur dignité de porteuses de vie, nos mères, nos sœurs et nos filles n’ont pas été épargnées par l’insoutenable sauvagerie des militaires”, déplorent les évêques centrafricains.
“L’Eglise mêle ses pleurs et ses larmes aux vôtres et crie son indignation face aux terribles brutalités que nous font endurer les hommes armés”, poursuit la déclaration.
Selon les prélats centrafricains, le pays “mettra beaucoup de temps pour se relever de cette grande humiliation que viennent de nous infliger des bandes armées venues d’ailleurs”.
Cette dernière mention fait référence aux rebelles du Mouvement de libération du Congo (MLC), venus soutenir le régime lors de la tentative de coup d’Etat du 25 octobre, et accusés de viols et d’exactions dans la capitale centrafricaine.
“L’Eglise a toujours condamné et condamne avec la dernière rigueur toutes ces aventures guerrières qui visent à installer un homme au pouvoir car les institutions démocratiques doivent être respectées”, poursuit le texte, en référence au dernier coup de force de l’ancien chef d’état-major des armées, François Bozizé.
Les évêques centrafricains appellent par ailleurs “le FMI et la Banque mondiale a examiner le cas de la RCA avec beaucoup de sollicitude”, compte tenu de la paupérisation de la population.
Ils constatent néanmoins que “la répartition inégale des richesses qui ne profitent qu’à une minorité est en partie à l’origine des tensions sociales” en République centrafricaine (RCA).
Lors de leur réunion plénière en janvier, les mêmes évêques avaient estimé que “chaque jour qui passe rapproche lentement mais sûrement la RCA de l’implosion certaine”, et que “depuis les mutineries (de 1996-97) jusqu’aux derniers coups de force, tout le pays est comme pris en otage”. (avec AFP)

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