N° 263
du 29/01/2003

Centrafrique


Nouveaux changements
parmi les responsables de la sécurité

Le président Ange-Félix Patassé a procédé le 16 janvier à des nominations ministérielles et militaires limitées, qui sanctionnent les carences constatées lors de la tentative de coup d’Etat du 25 octobre, en attendant un dialogue national dont les contours tardent à se dessiner.
Principal enseignement : le président Patassé, confronté à une crise politico-militaire et sociale sans précédent, dans un pays occupé en grande partie par les rebelles de l’ancien chef d’état-major François Bozizé, a maintenu sa confiance au Premier ministre et ministre des Finances, Martin Ziguélé.
A défaut de nommer un gouvernement d’ouverture ou de révolutionner son équipe, le chef de l’Etat semble avoir ainsi résisté aux “faucons” de son entourage.
Martin Ziguélé est réputé partisan d’une application stricte des Accords de Libreville d’octobre 2002, destinés à apaiser la tension entre la RCA et le Tchad voisin et à favoriser un règlement en profondeur des divisions d’une société centrafricaine au bord de l’anarchie.
Il aurait obtenu la nomination aux Affaires étrangères d’un de ses proches, Martial Beti Marace, à qui revient la délicate mission d’arrondir les angles avec le Tchad, accusé par la RCA d’avoir soutenu le coup d’Etat du 25 octobre.
Le remaniement limité, (six portefeuilles sur 27 ont changé de mains), a surtout sanctionné la carence des titulaires de la Défense et de l’Intérieur et de leurs ministres délégués, pendant ce dernier coup de force.
En novembre, l’Assemblée nationale centrafricaine, majorité et opposition confondue, avait réclamé des sanctions à l’encontre de ces responsables n’ayant pu empêcher la progression sur 700 km des partisans du général Bozizé venus attaquer la capitale, Bangui.
Le président Patassé a finalement donné raison aux parlementaires irrités de son parti, le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC).
Le président du groupe parlementaire MLPC, Jacquesson Mazette, fait ainsi son entrée au gouvernement, au poste de ministre de l’Intérieur.
Ce syndicaliste de renom, considéré comme un modéré du parti, sera notamment chargé de redynamiser des services de renseignement très décriés depuis la tentative de coup d’Etat du 28 mai 2001. Il n’aura pas la tâche facile dans ce département fortement politisé, où les décisions sont prises au niveau du MLPC.
Le chef de l’Etat semble également avoir voulu redonner une petite chance à une armée en totale déliquescence, qui a totalement perdu sa confiance au fil des trois mutineries militaires de 1996-97 et tentatives de putsch de 2001 et 2002.
Pour la première fois depuis son accession au pouvoir en 1993, il a ainsi nommé au ministère de la Défense un militaire de carrière, le général Maurice Regonessa, réputé pour son sérieux mais contesté par une partie de son entourage.
La nomination du colonel Antoine Gambi comme chef d’état-major général des Forces armées centrafricaines (FACA) constitue également une relative surprise.
Il s’agit en effet d’un membre de l’ethnie minoritaire sudiste Yakoma, celle de l’ex-président et plus acharné adversaire politique de M. Patassé, le général André Kolingba, condamné à mort par contumace en 2002 pour le coup d’Etat avorté du 28 mai 2001.
Longtemps surreprésentés au sein des FACA, les militaires yakomas ont été à la pointe des mutineries de 1996-97 et du putsch manqué de 2001. Plusieurs centaines d’entre eux sont aujourd’hui en exil.

Sommaire CENTRAFRIQUE

Sommaire Home Page