- Dialogue ou reprise des combats à grande échelle, pour le professeur Abel Goumba, leader du Front patriotique pour le Progrès (FPP), mais également président de la Coordination des partis politiques de lopposition (CPPO), la question ne se pose plus.
Le président Patassé parle de dialogue, mais il a choisi loption militaire, a assuré, dans un entretien avec lAFP, Abel Goumba, soulignant que le chef dEtat fait tout pour retarder la tenue de ce dialogue national quil a pourtant lui-même promis fin novembre.
Le chef de lEtat multiplie les obstacles à ce dialogue. Il ne veut pas dune amnistie préalable alors que ce dialogue, censé mettre un terme définitif aux crises qui minent le pays, na de sens, dit-il, quavec la participation des principaux acteurs dont certains sont condamnés à mort par contumace.
Enfin, le président Patassé a déjà énoncé quil ferait le tri parmi les décisions de ce dialogue. Or, sinsurge M. Goumba, si nous sommes aujourdhui dans cette situation dramatique, cest parce que les recommandations des précédents Accords ou Etats-généraux nont jamais été appliquées. Sil fait fi des décisions qui seront prises, ce dialogue bat déjà de laile avant davoir commencé.
Les signes que le pouvoir a choisi manifestement la voie de la force saccumulent, considère le président de la CPPO, qui regroupe une douzaine de partis dopposition.
Il en veut pour preuve lappel du président Patassé demandant à la France denvoyer des militaires pour défendre la RCA contre lagression tchadienne, ou ses déclarations laissant entendre que le calendrier initial de départ des miliciens congolais venus à son secours lors de la dernière tentative de coup dEtat nest plus dactualité.
Au contraire, souligne M. Goumba, dont les propos sont confirmés de sources indépendantes, de nouveaux contingents de rebelles congolais, ainsi que des éléments rwandais, sont arrivés à Bangui ces derniers jours et ont été envoyés vers le front.
De même, lex-capitaine de gendarmerie français Paul Barril, reconverti dans la sécurité privée et ayant conclu depuis plusieurs années un contrat de sécurité avec la présidence centrafricaine, recrute depuis plusieurs jours des jeunes gens désuvrés à Bangui.
Je croyais que la France avait réglé le problème de Bob Denard et compagnie. Pourquoi pas celui de Barril?, demande M. Goumba, sétonnant de voir un chef dEtat qui ne sentoure que de forces non-conventionnelles.
Pour l'opposant historique, Patassé na pas pris la mesure de la situation. Il continue de louvoyer, de pratiquer le double langage. Il ridiculise la rébellion, mais il a tort. Celle-ci est déjà en train de mettre en place des institutions, une nouvelle administration dans les zones quelle contrôle. Les rebelles sont déterminés. Sils arrivent à Bangui, ce sera un bain de sang, comme la dit Mgr (Paulin) Pomodimo, coordonnateur du dialogue. Cest une question de temps. Et le temps ne joue pas en faveur de la paix, a encore estimé Abel Goumba.
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