- La ville de Bozoum, dans lOuham Pendé (nord-ouest) est à nouveau aux mains de la rébellion depuis le 17 janvier, a reconnu début février le ministre centrafricain de la Défense, Maurice Régonessa. Les rebelles ont également fait une incursion mais sans sy attarder dans la localité de Bossemptélé, située au sud-est de Bouar, sur laxe stratégique reliant Bangui au Cameroun.
Bozoum avait été brièvement occupée fin décembre par les rebelles de lancien chef détat-major François Bozizé.
Ces derniers en avaient été chassés rapidement par les forces loyalistes emmenées par les rebelles du Mouvement de Libération du Congo (MLC), présents en RCA depuis que le président Ange-Félix Patassé leur a fait appel lors de la tentative de coup dEtat du 25 octobre dernier.
Lors de la reprise de Bozoum par les loyalistes, lex-capitaine français de gendarmerie, Paul Barril, qui dirige des sociétés privées de sécurité dans plusieurs pays, dont lune au service du pouvoir centrafricain, avait été légèrement blessé.
La reprise de Bozoum par les hommes de Bozizé représente une victoire significative pour les rebelles, en ce sens quil sagit de la première ville sérieusement défendue dont ils parviennent à semparer.
De plus, Bozoum est considérée comme située dans le fief du président Ange-Félix Patassé. Avant de renoncer à son mandat de député, celui-ci était lélu de la localité de Bocaranga (Ouham Pendé), non loin de la frontière camerounaise.
Bien que le ministre de la Défense ait affirmé quil est faux que le président Patassé prépare loption militaire en sous-main alors quofficiellement doit être lancé dans quelques semaines un dialogue national, de nouveaux contingents de miliciens congolais et rwandais sont arrivés les 3 et 4 février à laéroport de Bangui doù ils ont immédiatement pris la direction du nord de la Centrafrique.
Des témoins ont estimé que lors de quatre rotations, des Antonov ont déposé au total entre 280 à 320 Congolais et Rwandais.
Ces combattants, hommes et femmes, dont lâge variait de 14 à 18 ans, selon des témoins, portaient des tenues deux fois trop grandes pour eux. Dautres témoins ont affirmé avoir vu ensuite à Bossemptélé (nord) ces miliciens, appartenant essentiellement au MLC.
Face à la rébellion, la principale ligne de défense des forces loyalistes est actuellement la préservation de la circulation sur la route reliant Bangui au port camerounais de Douala, vital pour lapprovisionnement de la capitale.
Patassé aux abois ?
Dans le même temps, le président Ange-Félix Patassé a réclamé lenvoi de soldats français en Centrafrique pour permettre la préparation du dialogue national et garantir la paix, dans un entretien à Radio France Internationale.
Nous souhaitons lenvoi de soldats (français) qui nous permettent de préparer le dialogue dans la sérénité, a déclaré le président Patassé. Il avait proposé fin novembre la tenue de ce dialogue national, regroupant toutes les composantes politiques et militaires centrafricaines pour tenter de mettre fin aux crises militaires à répétition dans ce pays, qui pourrait se tenir en mars.
La majorité demande de faire le dialogue national à Bangui. Le dialogue national se fera à Bangui, a-t-il affirmé, alors que ses opposants en exil réclament quil se tienne en pays neutre.
Il y a des soldats français en Côte dIvoire. Pourquoi pas en RCA? Cest une discrimination. Nous aussi (...), nous le demandons. Je demande à la France de nous envoyer des soldats, a ajouté le président Patassé.
Le chef de lEtat a souligné que le peuple centrafricain agressé na pas les moyens de défendre tout son territoire. Cest normal quelle (la France) vienne au secours dun pays agressé, a-t-il estimé.
Selon M. Patassé, un petit contingent français qui appuierait éventuellement la Cémac, constituerait une garantie pour que la paix soit sauvegardée dans cette partie de lAfrique
- centrale.
-
-
- Environ 350 militaires de la Communauté économique et monétaire dAfrique centrale (Cémac) se sont déployés depuis décembre à Bangui, remplaçant un contingent militaire libyen qui assurait la sécurité du régime du président Patassé depuis une tentative de coup dEtat de 2001.
Larmée française a quitté définitivement la Centrafrique en 1998, après les trois mutineries militaires de 1996-97, dans le cadre de la restructuration de ses forces en Afrique francophone, passant le relais à deux forces multinationales successives, la Misab et la Minurca.
Elle y était présente depuis 1979, date de lOpération barracuda qui avait renversé lex-Empereur Jean-Bedel Bokassa.
-
- Il faut privilégier la sécurité à la frontière (tchado-centrafricaine: ndlr), condition sine qua non pour rétablir la circulation entre nos deux pays condamnes à vivre ensemble, a par ailleurs indiqué M. Patassé qui a qualifié les rebelles de son ancien chef détat-major François Bozizé de marionnettes, affirmant quil sagit de Tchadiens à 80 %.
Concernant le départ de RCA de ses alliés du Mouvement de libération du Congo (MLC), annoncé à partir du 15 février par Jean-Pierre Bemba, M. Patassé à déclaré: aujourdhui, les conditions sont en train dêtre revues car les Tchadiens sont en train dattaquer nos villes. La population demande que les Congolais restent.
|