N° 270
du 20/05/2003

Centrafrique


Nominations dans l’armée
Le chef d’état-major sous Patassé maintenu à son poste

Le président François Bozizé a reconduit l’ancien chef d’état-major de l’armée, et nommé à des postes de responsabilité dans l’armée des officiers condamnés pour le putsch du 28 mai 2001.
Le colonel Antoine Gambi, chef d’état-major de l’armée sous le régime d’Ange-Félix Patassé, renversé lors du coup d’Etat du général Bozizé le 15 mars, est reconduit à ce poste. Il était ministre de l’Education nationale sous le régime d’André Kolingba (1981-93), tous deux appartenant à la même ethnie yakoma.
Trois officiers supérieurs, accusés d’avoir participé au coup d’Etat manqué du 28 mai 2001 imputé au général Kolingba, et condamnés par contumace en octobre 2002, ont été nommés chefs de corps ou chefs de région militaire. Ces trois officiers de l’ethnie yakoma avaient été repris dans l’armée “à titre exceptionnel” par décret présidentiel le mois dernier.
Le commandant Jean-Pierre Dollé Waya est nommé commandant de la première région militaire de Bossangoa (nord), et le capitaine Guy-José Galloty, officier adjoint au commandant du Bataillon de soutien et des services. Ces deux hommes, condamnés à mort en octobre 2002, s’étaient réfugiés au Congo-Brazzaville.
Ils ont regagné Bangui après l’amnistie générale décrétée par Bozizé le 23 avril pour les participants à la tentative de coup d’Etat du 28 mai 2001 dirigé contre M. Patassé.
Enfin, le commandant Richard Gatien Hyeaumby de Moïndi, condamné à un an de prison en octobre 2002, est nommé commandant du Bataillon du génie.

Par ailleurs, le chef de l’Etat a promu deux membres du gouvernement, ainsi qu’une cinquantaine d’autres militaires, ex-rebelles, à des grades supérieurs.
Le capitaine Parfait M’baye, ministre de la Communication, est nommé au grade de lieutenant-colonel de la gendarmerie nationale, et le lieutenant Sylvain N’doutingaï, ministre des Mines et de l’Energie, au grade de chef de Bataillon (commandant) du Régiment de soutien et des services.
Jusqu’à leur entrée dans la capitale centrafricaine le 15 mars dernier, M. M’baye était le porte-parole militaire de la rébellion du général Bozizé, tandis que le chef de Bataillon Sylvain N’doutingaï dirigeait les opérations militaires des “patriotes”.
On note également au nombre des promus certains militaires rebelles ayant conduit le putsch manqué du 25 octobre 2002, dont les sous-lieutenants Eric Danboy, et Roger Godongaï, promus au grade de lieutenant.
Au total 54 officiers supérieurs, officiers, sous-officiers et hommes du rang ayant participé à la rébellion centrafricaine, sont concernés par ces nominations “à titre exceptionnel”.

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