N° 271
du 03/06/2003

Centrafrique


D’anciens ministres toujours à l’abri dans des ambassades

L’ancien Premier ministre Martin Ziguele et l’ex-ministre de la communication, Gabriel Jean Edouard Koyambounou, sont toujours réfugiés dans des ambassades de la capitale, malgré les garanties de sécurité données par François Bozizé, à tous les membres de l’ancienne administration.
Le parti de Patassé, le Mouvement de libération du people centrafricain (MLPC) a publié un communiqué pour dénoncer ce qu’il qualifie de «chasse aux sorcières» à l’encontre de ses membres depuis le putsch.
Signé par le vice-président du MLPC, Hugues Dobozendi, le communiqué a rappelé un incident survenu le 16 mai dernier au cours duquel 20 à 25 hommes armés ont attaqué et pillé la résidence de l’ancien ministre des eaux et forêts, Jean Michel Mandaba.
«Le bureau exécutif du MLPC dénonce avec force et condamne cet acte odieux qui n’est pas le premier du genre depuis le changement intervenu dans notre pays le 15 mars», a-t-il écrit.
Le MLPC s’oppose aussi à la décision du gouvernement de geler les comptes bancaires des ministres et de transférer leurs salaires au Trésor public.
Le Bureau exécutif du MLPC avait pourtant annoncé son soutien à M. Bozizé quelques jours seulement après le coup d’Etat et le nouveau gouvernement compte deux ministres issus du MLPC.
Mais soutien au nouveau régime ne veut pas dire impunité. Selon le journal Le Confident, publié à Bangui, «le gouvernement par l’entremise du Ministre de la Justice, des Droits de l’Homme et de la Bonne Gouvernance a confié le dossier (de détournements de fonds) à une commission d’enquête de la gendarmerie, composée de 21 officiers de police judiciaire qui vont entendre les anciens membres du gouvernement et les dignitaires pour établir la culpabilité des uns et des autres et les déférer devant la justice.»
Martin Ziguélé aurait notamment profité des largesses de l’Etat par le biais d’une SARL, bénéficiaire de marchés publics exorbitants.

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