- Le président autoproclamé, le général François Bozizé, a annoncé, le 30 mai, le retour à un ordre constitutionnel en Centrafrique en janvier 2005. «Il nous faut, avec la ferme volonté de tous, (...) ramener la stabilité en République centrafricaine pour hâter le retour à un ordre constitutionnel en janvier 2005», a déclaré le général Bozizé lors de la cérémonie dinstallation du Conseil National de Transition (CNT).
«La situation, à tout point de vue exceptionnelle, que vit la Centrafrique (...) ne saurait perdurer. (...) La démocratie de fait qui prévaut actuellement, doit lêtre de droit», a estimé le général Bozizé, ajoutant: «le consensus ne remplace pas lexpression souveraine de chaque Centrafricain, de chaque Centrafricaine».
«Le peuple centrafricain doit aller aux urnes, a-t-il insisté, notamment pour élire son président, ses députés, ses maires. Cest dire que la démocratie centrafricaine doit retrouver son cours normal».
Le général Bozizé a rappelé que le CNT ne se substituera pas à une Assemblée nationale -dissoute lors du coup dEtat- puisque «cet organe, comme le chef de lEtat, nest pas élu, et ne peut remplacer un Parlement dont les membres sortent des urnes».
«Cest un organe (le CNT) qui, avec les autres organes, doit dans labnégation et la constante disponibilité, aider la RCA à passer sereinement le cap de la transition», a-t-il affirmé.
Lancien président David Dacko, lun des deux membres de droit du CNT au titre danciens chefs de lEtat -avec le général André Kolinbga, toujours en exil-, était présent à la cérémonie à laquelle ont assisté les personnalités politiques, les corps constitués et le corps diplomatique.
Créé en avril par décret présidentiel, le CNT a pour principale mission «dassister le président de la République dans sa fonction législative».
Composé de 96 membres issus de toutes les composantes de la nation, il doit aussi assister le gouvernement dans la rédaction de lavant-projet de la nouvelle Constitution, préparer les prochaines élections générales, et organiser le dialogue national.
La France, par la voix de son ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie, Pierre-André Wiltzer, a estimé que ce délai de transition fixé à janvier 2005 nétait «pas déraisonnable».
«Dans létat de ce pays, organiser des élections fiables suppose de rebâtir complètement des listes électorales, une administration très endommagée. Il faut sans doute un peu de temps et que les conditions politiques soient réunies. Cela passe par un dialogue national», a estimé le ministre français.
Interrogé sur la reconnaissance de facto du régime Bozizé par la France, qui a reçu récemment son Premier ministre, Abel Goumba, à Paris, M. Wiltzer a assuré que la France restait ferme sur la condamnation du principe des prises de pouvoir par les armes.
Mais il a indiqué que Paris tenait également compte des gestes et des déclarations douverture du général Bozizé, qui a composé un gouvernement de large ouverture dirigé par «une personnalité reconnue par tout le monde» et prononcé une amnistie générale.
«On ne se trouve pas dans le cadre dun coup dEtat militaire destiné à détruire la démocratie, mais face à des événements qui se situent dans la perspective dun retour à la démocratie», a-t-il déclaré.
Le ministre français a toutefois souligné que laide de la communauté internationale à la Centrafrique serait conditionnée par «la feuille de route», le «calendrier» et les «engagements précis pour un retour à la normale» des nouvelles autorités de Bangui.
Le ministre a par ailleurs souligné que la France navait «pas refusé du tout le principe» dune aide financière durgence bilatérale à la RCA, notamment pour payer les salaires des fonctionnaires et les soldes des militaires. «Nous souhaitons que cela puisse sintégrer dans un contexte de retour à la démocratie», a-t-il dit, annonçant lenvoi dexperts français à Bangui pour «évaluer les besoins».
|