- De Lomé où il vit en exil,
lancien chef de lEtat a
écrit au président de la Commission Européenne
à Bruxelles, Romano Prodi avant louverture des consultations
que lUnion Européenne (UE) va avoir avec le nouveau
gouvernement dirigé par Abel Goumba.
Ange-Félix Patassé a demandé à lUE de ne pas donner de «prime aux coups dEtat» en acceptant de négocier avec le nouveau pouvoir centrafricain. Des négociations entre la RCA et lUE sur la stratégie de coopération pour les années à venir ont débuté le 12 juin à Bruxelles. Après le coup dEtat du 15 mars dernier qui a porté au pouvoir le général François Bozizé, lUE avait décidé de revoir sa coopération avec la RCA.
Par ailleurs, M. Patassé a annoncé son intention de se rendre au prochain sommet de lUnion Africaine (UA), en juillet à Maputo au Mozambique, pour y représenter son pays. Situation fort délicate pour lUA qui na de cesse de clamer haut et fort quelle ne reconnaîtra plus les régimes issus de coup dEtat ou instaurés par des voies non-orthodoxes, comme ce fut le cas à Madagascar. LUA préfère sans doute une bonne élection «à la togolaise» quune volonté populaire non-conforme aux standards électoraux en vigueur sur le continent.
Reste que, comme pour Madagascar, il y a déjà une fêlure dans le respect des «principes» de lUnion africaine.
Le Cameroun, le Congo-Brazzaville, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad, les cinq pays qui avec la Centrafrique sont membres de la Communauté économique et monétaire dAfrique centrale (CEMAC), ont dores et déjà reconnu le nouveau régime de Bangui lors dun sommet extraordinaire de lorganisation qui sest tenu début juin à Libreville. Pour marquer son soutien aux efforts du nouveau régime centrafricain, la Cémac lui a même octroyé une aide ponctuelle de 5 milliards de francs CFA (7,6 millions deuros). Elle a aussi décidé de maintenir et de renforcer sa force de paix déployée en RCA en décembre 2002, afin de «contribuer à la sécurisation de la RCA, à la restructuration des forces armées centrafricaines» et daccompagner «le processus de transition pour la réconciliation nationale».
Dans la foulée, les chefs dEtat de la Cémac ont lancé lors de leur sommet un appel à lUA «pour la prise en compte de lévolution favorable de la situation en RCA et sa réintégration rapide au sein de la communauté africaine».
LUA a fermement condamné le 17 mars le coup de force du général Bozizé, en rappelant son rejet de tout changement anticonstitutionnel, contenu dans son acte constitutif et ses déclarations des sommets dAlger et de Lomé.
Un envoyé spécial du président intérimaire de la Commission de lUA à Bangui, Saddok Fayala, avait toutefois relevé le 18 avril «des signes encourageants à signaler en RCA» au terme de sa mission. Le représentant dAmara Essy avait salué «la constitution du gouvernement de large coalition, où presque tous les partis politiques» sont représentés.
La France a reconnu de facto les nouvelles autorités de Bangui en recevant officiellement le Premier ministre Abel Goumba, début mai à Paris.
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