- Cette lettre a pour en-tête : « Le président de la République centrafricaine, chef de lEtat
Unité-Dignité-Travail N° 060 / 03. PR Lomé le, 4 juin 2003»
« Monsieur le Président
Je voudrais avant tout, au nom du peuple centrafricain, de son Gouvernement légitime quincarne le Premier Ministre Martin Ziguélé et en Mon nom propre, rendre un hommage mérité à lUnion Européenne pour son respect scrupuleux de ses normes sacramentales et sublimatoire. (sic)»
«Malgré la doctrine de la Baule, les institutions financières internationales ne nous ont jamais accompagné dans la mise en uvre de notre programme de société approuvé par le peuple centrafricain. Si ce nest que dappuyer de fait une opposition irresponsable, anti-démocratique cherchant à tout prix à nous déstabiliser quels que soient les efforts de paix, de justice, de lunité nationale et de réconciliation que nous avons déployés dans lintérêt général.
Des différentes tentatives de coup dEtat depuis 1996 jusquà laboutissement du coup dEtat du 15 mars 2003 navaient pour seul but que darrêter le processus démocratique en marche du RCA, car ces différents acteurs, peur de la voie des urnes, ont lâchement choisi la voie des armes pour assouvir leur soif, instituant ainsi une dictature militaro-fasciste. Outre lappui à la démocratie, lUnion européenne nous a toujours significativement appuyé dans nos différents projets de développement dont le plus historique et dernier en cours le bitumage du tronçon Baoro-Cameroun.»
«Malheureusement, le coup dEtat criminel du 15 mars 2003 est intervenu et les travaux sont arrêtés. Du reste au rang des condamnations les plus fermes, dépouillées de toute hypocrisie et dun simple formalisme, se trouve celle de lUnion européenne que la communauté internationale et le peuple centrafricain, à juste titre, avaient hautement appréciée. Aujourdhui, lUnion européenne sera-t-elle manipulée ou sera-t-elle complice dun coup dEtat qui brisera lélan de la démocratie en Afrique en apportant un soutien ouvert au terrorisme, et au putschisme en Afrique ? (...)»
«Il est fortement regrettable que certains chefs dEtat et de Gouvernement de la Communauté Economique et Monétaire de lAfrique Centrale (CEMAC) et certains pays de lUnion européenne co-auteurs ou complices de ce coup dEtat, par des manuvres dilatoires et des manipulations, sont en train de faire des pieds et mains pour que le régime Bozizé soit reconnu en violation flagrante des textes constitutifs de lUnion africaine, de même que ses différentes résolutions dAlger de Lomé et de Durban, et de larticle 18 de la constitution de la RCA.» (...)
«Cette attitude assimilable au crime contre lhumanité et de haute trahison doit être condamnée avec fermeté exemplaire pour éviter dautres précédents fâcheux en Afrique.» ( ...)
«Somme toute, comme jai eu à le dire et à le répéter pendant les différents Sommets de Chefs dEtat et de Gouvernement, soit dans le cadre de France-Afrique, de lOUA ou de la CEN-SAD, mon régime et Moi-même sommes victimes dun vaste complot sous-régional et international. Mais je continue à croire et à compter sur tous les démocrates sincères et convaincus du monde ainsi que sur les institutions comme lUnion Européenne, lUnion Africaine, etc, pour le rétablissement immédiat et inconditionnel de lordre constitutionnel en République Centrafricaine, conformément aux valeurs constitutionnelles et normatives.»
«Comme daucuns le pensent, le rétablissement de lordre constitutionnel ne signifie nullement larrêt brutal dun gouvernement légal, la formation dun gouvernement soi-disant dunion nationale, lorganisation des élections anticipées ou dun conseil national de transition, en lieu et place de lAssemblée Nationale démocratiquement élue et du respect de lordre constitutionnel par la Cour Constitutionnelle.
Toute action allant dans le sens contraire est une sorte de prime aux coups dEtat, ce qui créerait des précédents fâcheux et préjudiciables pour des régimes démocratiques naissants en Afrique, en violation flagrante des Droits de lHomme et des Droits des Peuples.»
«Au regard des élections présidentielles de 1993 et de 1999, les actuelles personnalités qui dirigent le pays nincarnent aucune légitimité constitutionnelle. Les résultats de ces élections, joints à la présente, lattestent à suffisance.
Le peuple souverain est seul juge pour sanctionner par la voie des urnes et non une poignée dindividus vendus et terroristes à la solde de lextérieur.
En conséquence, les mercenaires et les forces étrangères y compris celles de la CEMAC doivent quitter impérativement la RCA.. Nous sommes aussi prêts pour poursuivre la politique du dialogue sans exclusive que nous avons déjà amorcée dans lintérêt national. En espérant que cette prise de position sera comprise par lUnion Européenne en vue déviter à la RCA, déjà sous loccupation militaire tchadienne, la guerre civile inutile.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, lexpression de notre haute considération.
Ange-Félix Patassé»
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