N° 272
du 17/06/2003

Centrafrique


Extraits de la lettre d’Ange Félix Patassé
au Président de la Commission Européenne
(source le New’s Group Kodro, consacré à la Centrafrique)

Cette lettre a pour en-tête : « Le président de la République centrafricaine, chef de l’Etat
Unité-Dignité-Travail N° 060 / 03. PR Lomé le, 4 juin 2003»

« Monsieur le Président
Je voudrais avant tout, au nom du peuple centrafricain, de son Gouvernement légitime qu’incarne le Premier Ministre Martin Ziguélé et en Mon nom propre, rendre un hommage mérité à l’Union Européenne pour son respect scrupuleux de ses normes sacramentales et sublimatoire. (sic)»

«Malgré la doctrine de la Baule, les institutions financières internationales ne nous ont jamais accompagné dans la mise en œuvre de notre programme de société approuvé par le peuple centrafricain. Si ce n’est que d’appuyer de fait une opposition irresponsable, anti-démocratique cherchant à tout prix à nous déstabiliser quels que soient les efforts de paix, de justice, de l’unité nationale et de réconciliation que nous avons déployés dans l’intérêt général.
Des différentes tentatives de coup d’Etat depuis 1996 jusqu’à l’aboutissement du coup d’Etat du 15 mars 2003 n’avaient pour seul but que d’arrêter le processus démocratique en marche du RCA, car ces différents acteurs, peur de la voie des urnes, ont lâchement choisi la voie des armes pour assouvir leur soif, instituant ainsi une dictature militaro-fasciste. Outre l’appui à la démocratie, l’Union européenne nous a toujours significativement appuyé dans nos différents projets de développement dont le plus historique et dernier en cours le bitumage du tronçon Baoro-Cameroun.»
«Malheureusement, le coup d’Etat criminel du 15 mars 2003 est intervenu et les travaux sont arrêtés. Du reste au rang des condamnations les plus fermes, dépouillées de toute hypocrisie et d’un simple formalisme, se trouve celle de l’Union européenne que la communauté internationale et le peuple centrafricain, à juste titre, avaient hautement appréciée. Aujourd’hui, l’Union européenne sera-t-elle manipulée ou sera-t-elle complice d’un coup d’Etat qui brisera l’élan de la démocratie en Afrique en apportant un soutien ouvert au terrorisme, et au putschisme en Afrique ? (...)»
«Il est fortement regrettable que certains chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) et certains pays de l’Union européenne co-auteurs ou complices de ce coup d’Etat, par des manœuvres dilatoires et des manipulations, sont en train de faire des pieds et mains pour que le régime Bozizé soit reconnu en violation flagrante des textes constitutifs de l’Union africaine, de même que ses différentes résolutions d’Alger de Lomé et de Durban, et de l’article 18 de la constitution de la RCA.» (...)
«Cette attitude assimilable au crime contre l’humanité et de haute trahison doit être condamnée avec fermeté exemplaire pour éviter d’autres précédents fâcheux en Afrique.» ( ...)
«Somme toute, comme j’ai eu à le dire et à le répéter pendant les différents Sommets de Chefs d’Etat et de Gouvernement, soit dans le cadre de France-Afrique, de l’OUA ou de la CEN-SAD, mon régime et Moi-même sommes victimes d’un vaste complot sous-régional et international. Mais je continue à croire et à compter sur tous les démocrates sincères et convaincus du monde ainsi que sur les institutions comme l’Union Européenne, l’Union Africaine, etc, pour le rétablissement immédiat et inconditionnel de l’ordre constitutionnel en République Centrafricaine, conformément aux valeurs constitutionnelles et normatives.»
«Comme d’aucuns le pensent, le rétablissement de l’ordre constitutionnel ne signifie nullement l’arrêt brutal d’un gouvernement légal, la formation d’un gouvernement soi-disant d’union nationale, l’organisation des élections anticipées ou d’un conseil national de transition, en lieu et place de l’Assemblée Nationale démocratiquement élue et du respect de l’ordre constitutionnel par la Cour Constitutionnelle.
Toute action allant dans le sens contraire est une sorte de prime aux coups d’Etat, ce qui créerait des précédents fâcheux et préjudiciables pour des régimes démocratiques naissants en Afrique, en violation flagrante des Droits de l’Homme et des Droits des Peuples.»
«Au regard des élections présidentielles de 1993 et de 1999, les actuelles personnalités qui dirigent le pays n’incarnent aucune légitimité constitutionnelle. Les résultats de ces élections, joints à la présente, l’attestent à suffisance.
Le peuple souverain est seul juge pour sanctionner par la voie des urnes et non une poignée d’individus vendus et terroristes à la solde de l’extérieur.
En conséquence, les mercenaires et les forces étrangères y compris celles de la CEMAC doivent quitter impérativement la RCA.. Nous sommes aussi prêts pour poursuivre la politique du dialogue sans exclusive que nous avons déjà amorcée dans l’intérêt national. En espérant que cette prise de position sera comprise par l’Union Européenne en vue d’éviter à la RCA, déjà sous l’occupation militaire tchadienne, la guerre civile inutile.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.
Ange-Félix Patassé»

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