N° 274
du 16/07/2003

Centrafrique


Patassé rencontre à Lomé
le ministre centrafricain des AE

Le président déchu centrafricain Ange-Félix Patassé et le ministre centrafricain des Affaires étrangères (AE) du nouveau régime, Karim Meckassoua, se sont rencontrés le 7 juillet à Lomé, à l’initiative du président togolais Gnassingbé Eyadema. Il s’agissait de la première rencontre entre le président centrafricain renversé, en exil depuis lors au Togo, et un représentant du nouveau régime.
M. Patassé, «qui avait toujours contesté notre légalité, m’a reçu en tant que ministre des Affaires étrangères», a tenu à souligner le chef de la diplomatie centrafricaine qui a remis au général Eyadema un message du président centrafricain François Bozizé, demandant «indulgence et compréhension» pour le coup d’état du 15 mars.

De retour à Bangui, Karim Meckassoua a estimé que «les «velléités déstabilisatrices» de Patassé, sont «réelles» mais qu’il ne faut pas les exagérer. «Quand on apprend que Abdoulaye Miskine (militaire proche de M. Patassé) s’est rendu à Cotonou pour rencontrer des opposants, ou quand on intercepte des communications de militaires se disant partisans de Patassé qui promettent à nos forces qu’ils seront bientôt à Bangui, ce sont là des velléités», a estimé le chef de la diplomatie.
«Mais je ne pense pas que M. Patassé puisse aujourd’hui attaquer la RCA à partir d’un pays voisin», a-t-il ajouté, affirmant: «le Soudan, le Tchad, le Cameroun, la RDCongo, sont des pays voisins qui nous soutiennent, et qui nous aident».
Evoquant sa visite à Lomé, il a déclaré que cette étape avait notamment pour objectif d’obtenir le «bienveillant concours» du président Eyadéma «à l’extinction des velléités destabilisatrices de M. Patassé».
«L’ancien président Patassé, a assuré le ministre, a pris à cette occasion, en présence du président Eyadéma, des engagements que j’ai transmis au président de la République», le général François Bozizé.
M. Patassé, a poursuivi M. Meckassoua, s’est ainsi engagé à ne «plus bouger. C’est ainsi qu’il n’est pas allé à Maputo (au sommet de l’Union africaine) comme il se proposait de le faire».

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