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La crise morale semble telle que le
30 septembre, les délégués ont longuement débattu
de l’opportunité de confier à des coopérants
français la gestion des régies financières du pays.
Les participants à ces assises ont adopté le rapport de
la commission préparatoire Economie et finances. Mais ils n’ont
pu s’accorder précisément sur le rôle que pourraient
jouer des «conseillers techniques français» pour redresser
des régies financières défaillantes et minées
par la corruption.
La recommandation soumise à la session plénière du
Dialogue suggérait «le renforcement des capacités
des régies financières: Douanes, Impôts, Trésor
public, avec des «conseillers techniques français».
Mais le premier vice-président du Bureau
du Dialogue national, le pasteur Josué Binoua,
a proposé comme recommandation de «confier la direction des
régies financièresaux expatriés».
De nombreux délégués ont appuyé cette recommandation
et souhaité qu’elle soit prise en compte par la Commission
dans son rapport final. D’autres s’y sont opposés,
invoquant la souveraineté de l’Etat. «La RCA est un
Etat souverain et elle ne peut déléguer une partie de cette
souveraineté en confiant la gestion de ces régies financières
aux expatriés», a relevé Enoch Dérant-Lakoué,
président du Parti social démocrate, très
applaudi.
Les partisans d’une mise sous tutelle totale des régies financières
ont estimé que «les Blancs» sauraient mieux braver
que leurs collèges centrafricains les pressions de leur hiérarchie
et des hommes politiques.
«Chassez les Blancs, tous les Blancs, même les militaires
qui contribuent au retour de la paix en Centrafrique. Remplacez-les
par vos hommes dits compétents, et vous verrez ce qui va arriver
à notre pays, si ce n’est la catastrophe», a lancé
un délégué.
«Beaucoup ont joui des vols, des détournements, des pillages,
et lorsqu’il s’agit de mettre un terme à des pratiques
pour harmoniser la gestion de la chose publique, elles s’y opposent.
Nous disons «non» et que cela finisse. Qu’on fasse venir
les expatriés», a poursuivi ce délégué
sous un tonnerre d’applaudissements.
Le président du Bureau du Dialogue national, le pasteur
Isaac Zokoué, a finalement prié la commission Economie
et Finances
du Dialogue national de se réunir à nouveau pour discuter
du point litigieux et trouver une formule consensuelle.
Confrontées à une économie ravagée et à
la corruption, les régies financières centrafricaines ont
un taux de recouvrement fiscalo-douanier extrêmement faible, entre
3 et 4% du PIB national. Les gouvernements successifs ont tous échoué
depuis plus d’une décennie à payer régulièrement
les traitements des fonctionnaires qui cumulent
jusqu’à 36 mois d’arriérés de salaires.
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