N° 285
du 06/01/2004

Centrafrique


Le colonel Yalo a été arrêté pour détention d’armes de guerre

Le colonel Danzoumi Yalo, chef de la sécurité rapprochée du chef de l’Etat François Bozizé, et son frère Sani, arrêtés tous deux le 23 décembre, se voient reprocher «la détention, le port et l’usage d’armes de guerre», a annoncé le 31/12 le procureur de Bangui. «Nous sommes en train d’agir dans le cadre de la nouvelle loi sur la détention, le port et l’usage illégaux des armes de guerre», a déclaré le procureur du tribunal de Bangui, Firmin Féïndiro. Il n’a pas évoqué d’inculpation formelle à l’encontre des deux hommes, détenus depuis plus d’une semaine alors que le délai de garde à vue est de 96 heures maximum en Centrafrique.
«Après une fouille à leur domicile, des armes et des munitions de guerre ont été saisies, et la loi qui réprime les actes illégaux de ce genre, est stricte et formelle», a ajouté le procureur.
A la question de savoir si la loi s’appliquait aussi à un officier chargé de la sécurité du chef de l’Etat, M. Féïndiro a précisé que «les armes de guerre et leurs munitions ne peuvent sortir des poudrières et magasins que sur autorisation des autorités compétentes».
François Bozizé avait déclaré le jour de l’arrestation des frères Yalo que la «déstabilisation guette toujours la Centrafrique».
Le colonel Danzoumi Yalo, alias «colonel Daz» était le bras droit de Bozizé au temps où celui-ci dirigeait la rébellion qui l’a porté au pouvoir le 15 mars dernier, avant de devenir le chef de sa sécurité rapprochée. Son frère Sani est un homme d’affaires impliqué en 1999, sous le précédent régime, dans un gigantesque scandale financier, l’affaire «Zongo Oil». Recherché, il avait quitté la Centrafrique, où il n’était revenu qu’après l’arrivée au pouvoir du président Bozizé.
Les deux frères ont été transférés dans une cellule au Camp De Roux (état-major de l’armée à Bangui ) où ils ont reçu des visites, y compris celle d’un ministre en exercice.

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