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| Le président François Bozizé,
a décidé par décret que «la journée du
mercredi 31 décembre 2003, sans être chômée, est
déclarée journée de jeûne et de prière».
Bars, boîtes de nuit et débits de boissons ont dû être fermés du mardi 30 décembre à minuit au 31 décembre à 18H00. «Des offices religieux, catholiques, protestants et musulmans, seront organisés sur toute l’étendue du territoire» et «les ministres à Bangui, les préfets, sous-préfets et maires en provinces, représenteront l’Etat à ces offices religieux», a précisé le décret présidentiel. «Que par nos prières, l’année 2004 soit pour le peuple centrafricain une année de renforcement de la sécurité, de la paix, de l’unité, de la réconciliation nationale, du consensus, du développement auto-centré, partagé, harmonieux et durable (...) d’amélioration des conditions de vie de la laborieuse population centrafricaine, de santé, de bonheur et de prospérité», a souhaité le président Bozizé. Même Bokassa n’avait pas osé. Valentine Modamé, prédicatrice réputée à Bangui, avait récemment demandé au chef de l’Etat l’organisation d’une telle journée. Le président Bozize, lui-même fondateur de l’Eglise du Christianisme Céleste-Nouvelle Jérusalem, teinte, depuis sa prise de Bangui le 15 mars dernier, son pouvoir de connotations religieuses et fréquente alternativement chaque semaine l’office religieux d’une des confessions représentées à Bangui. Dans la pratique, le dernier jour de l’année 2003 s’est déroulé de manière plutôt austère à Bangui, où de nombreux habitants de toutes les confessions ont observé le «jour de jeûne et de prière» auquel avait appelé Bozizé. Tôt dans la matinée, la radio nationale avait donné le «la», démarrant ses émissions par des cantiques, entrecoupés de messages de pasteurs, d’imams, de prêtres et de prédicateurs. Ceux-ci ont invité les pratiquants à jeûner, à prier, à se confesser à Dieu pour lui demander pardon, l’implorer de protéger la Centrafrique. Dans l’après-midi, les personnalités ont assisté à des offices religieux, se répartissant les confessions présentes en Centrafrique: le président Bozizé à la Cathédrale Notre-Dame de Bangui, le vice-président Abel Goumba à l’église protestante Philadelphie, et le Premier ministre Gaombalet à la mosquée centrale de la capitale. Les instructions présidentielles ont été globalement respectées: la journée n’a pas été chômée et les bars étaient dans leur ensemble fermés depuis minuit. Ce qui n’a pas empêché, dans certains quartiers, des tenanciers de buvettes et gargotes d’ouvrir plus ou moins clandestinement leurs portes. De même, le matin, nombre de vendeurs de petits déjeuners, étaient à leur poste. Car cette journée d’austérité n’a pas fait l’unanimité chez les Banguissois. La fronde de Bendounga L’opposant Joseph Bendounga a lui carrément choisi d’aller manifester son refus en allant manger en public devant le Palais présidentiel. Ayant pris avec lui de l’eau, du pain, des bananes grillées et des cacahuètes, il a effectué des va-et-vient en mangeant et en clamant à haute voix: «Je n’observe pas la journée de jeûne et de prière de François Bozizé et Abel Goumba!». |
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