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Un syndicat d’enseignants a appelé
l’ensemble des salariés du secteur public, à se rassembler
à la Bourse du travail à Bangui, «pour pleurer sur
les ruines de la République».
«Camarades enseignant(e)s, camarades travailleurs, tous à
la bourse du travail le samedi 17 janvier à partir de 09H00 pour
pleurer sur les ruines de la République», a écrit
l’Interfédérale des Enseignants de Centrafrique
(IFEC) dans un «Appel aux travailleurs de l’Etat
centrafricain».
Début janvier «le ministre délégué aux
Finances déclarait à qui veut l’entendre que l’Etat
centrafricain est en cessation de paiement (...) (et) qu’il était
désormais difficile sinon impossible pour le gouvernement, de faire
face au paiement régulier des salaires des fonctionnaires et agents
de l’Etat», a rappelé l’IFEC.
«Le concept (développé par le président Bozizé,
ndlr) « Kwa na Kwa» («le travail rien que le travail»)
est désormais vidé de tout son contenu. Chacun doit travailler
à son rythme car qui paye commande», a encore écrit
le syndicat.
Cet appel à «pleurer sur les ruines de la République»
n’a suscité qu’une faible mobilisation. Quelque 300
fonctionnaires étaient présents devant la Bourse du Travail,
pour une manifestation qui a pris la forme d’une assemblée
générale.
Le 8 janvier 2004, Mohamed Mahadi-Marboua, le
ministre délégué aux Finances, avait annoncé
que le gouvernement n’était pas en mesure de payer les salaires
des fonctionnaires à échéance, comme le régime
de Bozizé s’y était engagé.
Les salaires avaient été régulièrement versés
entre avril et août 2003, date à laquelle des retards de
paiements ont commencé. Les salaires de novembre et décembre
2003 n’ont pas encore été payés.
Le problème du paiement des salaires des fonctionnaires est récurrent
depuis les années 80 en Centrafrique. Les salariés de la
fonction publique, tous secteurs confondus, y ont cumulé jusqu’à
36 mois d’arriérés sous les présidences d’André
Kolingba (1981-93) et de Patassé (1993-mars 2003). Les salaires
des fonctionnaires sont en outre bloqués depuis plus d’une
décennie, les avancements, l’ancienneté, etc. n’étant
pas pris en compte.
Les fonctionnaires ont finalement touché le 16 janvier leur paie
d’octobre 2003, comme promis par le ministre Marboua.
Au moins 3.000 fonctionnaires, sur près de 20.000, sont payés
par virement bancaire et attendaient de percevoir leur salaire d’octobre
2003, que leurs collègues payés aux guichets du Trésor
avaient touché dès décembre 2003, grâce à
une aide de la Chine.
L’ensemble de l’aide extérieure reçue - 7,7
milliards de francs CFA (11,7 millions d’euros) des pays de la Communauté
économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac),
de la Chine et de la France - a été «entièrement
consacré aux salaires», a assuré le ministre délégué
aux Finances.
«Toute la trésorerie de l’Etat, soit 80% des recettes,
est destinée aux salaires, mais le problème persiste, la
difficulté reste entière», a-t-il déploré.
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