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| Des brigades mixtes de désarmement,
composées de membres des Forces armées centrafricaines
(Faca), de la gendarmerie et de la police ont été
mises sur pied à Bangui. «Ces brigades mixtes ont pour mission
de procéder aux fouilles des véhicules, des embarcations et
des containers», selon un arrêté du ministre délégué
à l’Intérieur, le colonel Jules Bernard Ouandet.
Avant la création de ces brigades, les barrages étaient érigés par les forces de l’ordre sur les principaux axes routiers, mais ont surtout abouti au racket des chauffeurs routiers. Une pratique qu’avait dénoncée une mission du FMI et de la Banque mondiale, soulignant que «ces barrages augmentent les prix aux consommateurs et freinent l’activité économique». On estime que le nombre d’armes individuelles en circulation en Centrafrique, se situe entre 80 et 100.000, dont 30 à 50.000 pour Bangui. Ces armes ont été disséminées à la faveur des différents soulèvements militaro-politiques qu’a connus le pays entre 1996 et 2003 et des différents conflits dans la sous-région. La police maltraitée par les «libérateurs» La police centrafricaine s’est dite elle aussi victime des exactions des «libérateurs», les ex-rebelles ayant accompagné l’actuel président François Bozizé dans sa prise du pouvoir en mars 2003, et dont les abus contre la population sont régulièrement dénoncés. Les «libérateurs» multiplient les humiliations, les coups et blessures, ainsi que les menaces de mort à l’encontre de la police centrafricaine, a dénoncé le 5 février Fabien Mondélé-Léndéna, membre du Syndicat national de la police (Synapoc), à Bangui. «Ces exactions qui ne trouvent pas d’explication mais qui se multiplient au jour le jour, inquiètent la police puisqu’elles se manifestent dans les locaux mêmes de la police, sur la place publique, et exposent les policiers à des graves dangers», a déclaré ce policier. Le 4 février, en plein centre ville de Bangui, un agent chargé de la circulation a été roué de coups par des «libérateurs», devant des passants indignés. En janvier, un commissaire et son adjoint ont été agressés sur leur lieu de travail par des «libérateurs» sans raison apparente. «Tous ces actes, quasiment prémédités, nous amènent à interpeller les hauts responsables de la police centrafricaine sur les dangers qu’encourent les fonctionnaires de police. Le syndicat s’est réuni d’urgence après le dernier acte (le 4 février), et a souhaité vivement une réaction des autorités», a affirmé M. Mondélé-Léndéna. Les exactions, dans Bangui et en province, des ex-rebelles pro-Bozizé qui ont pris Bangui le 15 mars 2003 ont été fréquemment dénoncées. Fin décembre, lors des obsèques de l’ex-président David Dacko, l’archevêque de Bangui, également président de la conférence épiscopale de Centrafrique, Mgr Paulin Pomodimo avait, dans des termes durs, dénoncé les exactions des forces de sécurité. La Ligue centrafricaine des droits de l’Homme (LCDH) avait dénoncé mi-novembre les exactions de certains ex-rebelles, qui «sous le prétexte d’être des +libérateurs+ (...) et se sentant assurés d’une impunité totale, terrorisent la population». Même Kofi Annan s’était déclaré le 8 janvier «gravement préoccupé par la recrudescence des actes de viols, de braquages et d’atteintes au droit à la vie perpétrés dans l’arrière pays et à Bangui», dans un rapport-bilan de la situation des six derniers mois de 2003 en Centrafrique. En mai 2003, les chauffeurs de taxis, et les routiers en décembre, avaient déclenché une grève pour protester contre ces exactions, et les avocats avaient organisé une marche pour dénoncer l’insécurité à Bangui et dans les provinces. Au cours du dernier trimestre 2003 ont été recensés une série d’exécutions sommaires - dont celles d’un ressortissant nigérian, d’un ex-capitaine de l’armée, d’un ex-gendarme, de trois jeunes gens, d’un lieutenant de gendarmerie -, ainsi que le viol collectif d’une jeune femme. Ces actes ont été suivis par des sanctions disciplinaires et des poursuites judiciaires. |
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