Des
échanges de tirs entre forces armées de lactuel président
Joseph Kabila et son vice-président, Jean-Pierre Bemba
ont repris mardi 22 août près du domicile de Jean-Pierre Bemba,
dans le quartier résidentiel et diplomatique de Gombé et dans
les environs.
L a police congolaise a tiré en l'air pour disperser des jeunes qui
voulaient piller des échoppes dans le quartier de Limete, dans l'est
de Kinshasa. Dautres tirs ont eu lieu dans le quartier de Ndjili,
toujours dans l'est de la ville, non loin de l'aéroport international
de Kinshasa.
Le trafic sur le fleuve Congo entre Kinshasa et Brazzaville est quasiment
interrompu et les rues de Kinshasa sont désertes, magasins fermés.
La veille, lundi 21, le chef de la Mission de l'Onu en RDC (Monuc),
William Lacy Swing, et d'autres ambassadeurs du Comité international
d'accompagnement de la transition (Ciat), ont dû être
extraits du domicile de M. Bemba sous la protection des troupes de la Force
européenne (Eufor).dont ce fut la première intervention
en République démocratique du Congo (RD Congo).
Ces combats ont débuté dimanche 20 août au soir, dès
lannonce des résultats du scrutin présidentiel du 30
juillet, au terme duquel Kabila (44,81 %) et Bemba (20,03%) devront saffronter
lors dun second tour, prévu éventuellement le 29 octobre
.
Un premier bilan des combats de lundi a fait état de cinq morts (trois
membres des forces de l'ordre et deux civils) et dune dizaine de blessés
dont cinq étrangers (deux Chinois et trois personnes originaires
d'Inde ou du Pakistan).
Le président Kabila contrôle-t-il son armée ?
Cest la question que lon peut se poser car ce sont des membres
de sa garde présidentielle qui semblent avoir voulu attaquer la résidence
de Jean-Pierre Bemba, sans raison apparente. Il semble quau sein du
clan présidentiel, certains soient tentés de raccourcir le
débat électoral par les armes, bien que les résultats
du premier tour soient extrêmement favorables au président
sortant.
Réactions
La France a exprimé mardi 22 sa "grave préoccupation"
et donné des "consignes de prudence" aux Français
sur place.
Le président angolais, José Eduardo dos Santos a appelé
au respect des résultats des élections tandis que l'église
catholique de RD Congo a mis en garde contre les risques de guerre civile,
appelant les deux rivaux, Kabila et Bemba, au dialogue.
Dans un communiqué, Abdou Diouf, le secrétaire général
de la Francophonie, sest dit "vivement préoccupé
par les manifestations de violence armée qui se produisent à
Kinshasa" a appelé appelle "les différentes
parties congolaises, et en particulier les deux candidats qui participeront
au second tour du scrutin, à respecter la volonté des électeurs
et du peuple congolais telle quelle sest exprimée par
les urnes."
Le ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht
sest dit "particulièrement préoccupé
par la dégradation du climat politique en RD Congo, et plus particulièrement
à Kinshasa." Il a estimé que le blocage des membres
de la CIAT dont lAmbassadeur de Belgique au domicile de Jean-Pierre
Bemba "est inacceptable."
Le Premier ministre belge Verhofstadt et le ministre De Gucht qui
ont des contacts avec Kabila et Bemba et les "ont exhortés
au calme et les ont invités à éviter toute provocation."
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