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Il se rend à pied ou en taxi-course aux cocktails officiels de Bangui dans son costume râpé. Chez lui, il séclaire à la lampe à pétrole et se lave à leau de puits. Sa profession: Chargé daffaires de lambassade de République démocratique du Congo (RDC) en Centrafrique.
Jules Isama NGonza, capitaine oublié dune ambassade sans ambassadeur depuis des années, nest ni un avare ni un excentrique. Mais il revendique un record qui, en cas dhomologation, en ferait un postulant de premier plan au titre de Cendrillon de la diplomatie mondiale: celui de cumuler, en 17 ans de loyaux services, la bagatelle de 125 mois darriérés de salaires!
Un salaire virtuel qui oscille selon lui entre 70.000 et 90.000 francs CFA par mois.
Les fonctionnaires centrafricains, pourtant champions en la matière - les plus lésés cumulent 36 mois de salaires impayés - passent presque pour des enfants gâtés aux côtés de cet homme de 59 ans qui survit grâce à laide de ses deux filles.
Le chargé daffaires permanent, comme lont surnommé ses collègues étrangers, en perd son langage diplomatique.
Lambassade fait figure de parent pauvre. Je suis fatigué, humilié, je vis dans cette maison depuis 1985, mais depuis un certain temps, je nai plus accès à leau courante, à lélectricité, explique-t-il à lAFP.
Pourtant, je suis là pour préserver la présence politique de mon pays. Je ne quitterai pas Bangui sans avoir touché mes 125 mois, parce que jai des droits et des obligations ici en RCA, prévient-il.
M. NGonza, qui pour se désaltérer, achète leau vendue en sachets par les petits vendeurs des rues de Bangui, na pourtant guère démérité dans ce pays où mutineries et tentatives de putsch se succèdent, comme ailleurs le rythme des saisons.
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