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Patrice
Lumumba
Figure emblématique des indépendances africaines par
son nationalisme intransigeant, Patrice Lumumba ne fut Premier ministre
que pendant deux mois, au lendemain de l'indépendance du
Congo, le 30 juin 1960.
Très rapidement le pays bascula dans le chaos, du fait de
la sécession de la province minière du Katanga (sud),
suscitée par les occidentaux hostiles à ce jeune Premier
ministre marxisant, et du développement de rébellions
dans l'est.
En outre, Patrice Lumumba accumula les erreurs politiques en deux
mois, notamment en ordonnant une répression impitoyable dans
le Sud-Kasaï (centre), qui lui aliéna le soutien d'une
partie de la population.
Désireux de se débarrasser de lui par crainte de le
voir se tourner vers les Soviétiques, les Etats-Unis et les
anciennes puissances coloniales européennes au premier rang
desquelles la Belgique, apportèrent leur soutien au chef
de l'armée congolaise, le colonel Mobutu pour liquider Patrice
Lumumba.
Révoqué et traqué, Patrice Lumumba fut finalement
arrêté en janvier, sauvagement torturé, puis
assassiné le 17 janvier 1961, officiellement sur ordre des
dirigeants de la province sécessionniste du Katanga. Sa dépouille
n'a jamais été retrouvée.
Après avoir pris seul les rênes du pays en 1965 à
la faveur d'un coup d'Etat, Mobutu éleva Patrice Lumumba
au rang de "héros national".
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Quelques
dates
2 juillet 1925 : naissance de Patrice Lumumba à Katako-Kombé
10 octobre 1958 : il fonde, avec Iléo, Ngalula, Adoula,
le Mouvement national congolais (MNC). Ce mouvement
est alors proches des courants catholique, libéral et social-démocrate
belges.
Cest sans doute en se rendant à la conférence
panafricaine d'Accra au Ghana, où il rencontre Nkrumah, que
Lumumba devient un fervent panafricaniste.
Il déclare à Accra : "Malgré les frontières
qui nous séparent, nous avons la même conscience, les
mêmes soucis de faire de ce continent africain un continent
libre, heureux, dégagé de toute domination colonialiste.
Nous sommes heureux de constater que cette conférence s'est
fixé comme objectif: la lutte contre tous les facteurs internes
et externes qui constituent un obstacle à l'émancipation
de nos pays et à l'unification de l'Afrique. Parmi ces facteurs,
on trouve le colonialisme, l'impérialisme, le tribalisme
et le séparatisme religieux qui, tous, constituent une entrave
sérieuse à l'éclosion d'une société
africaine harmonieuse et fraternelle."
1959
29 janvier: table ronde belgo-congolaise, qui fixe au 30
juin la date de l'indépendance, et qui est suivie dune
table ronde économique en février.
Mai: le MNC remporte les élections et Patrice Lumumba
est élu chef de gouvernement.
23 juin: Patrice Lumumba est nommé Premier ministre.
1960
30 juin: Indépendance du pays.
4 juillet : premières mutineries orientées
contre Lumumba
10 juillet : mutinerie à Elisabethville, six Européens
sont tués. Intervention de l'armée métropolitaine.
11 juillet : indépendance du Katanga. A Luluabourg,
Lumumba tente de retenir les Blancs.
14 juillet : Lumumba en appelle aux Nations Unies et à
l'Union soviétique et annonce la rupture des relations diplomatiques
avec la Belgique. Le Conseil de sécurité décide
que les Casques bleus vont prendre la relève des forces belges.
16 juillet : relève des troupes belges à Léopoldville
par les Casques bleus.
8 août : Lumumba regagne le Congo après des
escales à Tunis, Conakry, Accra et Rabat, où il obtient
des promesses d'aide directe si l'ONU n'aide pas le gouvernement
légal à récupérer le Katanga.
9 août : Proclamation de l'indépendance de l'Etat
minier du Sud-Kasaï.
16 août : Lumumba ordonne à la Force publique,
devenue armée nationale congolaise (ANC), de reconquérir
les territoires sécessionnistes.
27 août : l'ANC occupe Bakwanga, capitale du Sud-Kasaï,
après avoir massacré de nombreux villageois Baluba.
Puis elle entrera en mutinerie et abandonnera Bakwanga pour regagner
Luluabourg.
5 septembre : destitutions mutuelles de Lumumba et de Kasa
Vubu.
7 septembre : Lumumba obtient l'appui du parlement qui recommande
une réconciliation entre le Premier ministre et le Président.
12 septembre : Kasa Vubu installe un nouveau gouvernement
dirigé par Joseph Ileo.
14 septembre : interventoin de Mobutu qui neutralise Lumumba
et Kasa Vubu et annonce la création d'un collège de
commissaires généraux qui tiendra lieu de gouvernement.
10 octobre : l'ANC tente vainement d'arrêter Lumumba
qui se retire dans sa résidence sous la protection d'un cordon
de Casques bleus.
14 octobre : Gizenga à la tête du gouvernement
de Stanleyville.
27 novembre : fuite de Lumumba qui va tenter de rejoindre
ses partisans à Stanleyville.
2 décembre : arrestation de Lumumba au Kasaï.
Il est ramené à Léopoldville.
3 décembre : transfert de Lumumba au camp militaire
de Thysville.
12 décembre : Gizenga proclamne la "république
libre du Congo" à Stanleyville qui devient "capitale
provisoire" du pays.
25 décembre : les forces lumumbistes de Stanleyville
s'emparent de Bukavu.
1961
1er janvier : tentative infructueuse par les forces de Mobutu
de reprendre Bukavu.
8 janvier : les troupes de Stanleyville prennent Manono,
au Nord-Katanga.
13 janvier : mutinerie à Thysville.
14 janvier : les autorités de Léopoldville
apaisent les mutins de Thysville.
15 janvier : décision de transférer Lumumba
à Bakwanga. Lettre de Tshombe pour annoncer qu'il accepte
le transfert de Lumumba au Katanga.
16 janvier : préparatifs du transfert. Changement
de destination.
17 janvier : transfert de Lumumba au Katanga. Il est exécuté
le soir même dans la savane en même temps que ses compagnons
Mpolo et Okito.
13 février : annonce de la mort de Lumumba.
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Un
livre accusateur
Dans son livre "L'assassinat de Lumumba", le
sociologue flamand Ludo De Witte accuse la Belgique de
porter "la plus grande responsabilité" dans
ce crime. "La mort de Lumumba a toujours été
présentée comme une affaire entre Congolais qui
s'entredéchirent, ce qui est faux. Les conclusions de
mes recherches sont que la Belgique porte la plus grande responsabilité
dans son assassinat", a écrit M. De Witte.
"De A à Z, des Belges ont eu en main le cours
des événements, c'est-à-dire le transfert
de Lumumba au Katanga, son exécution, puis la disparition
(de son corps)", estime Ludo De Witte. Selon lui, le but
de cette élimination était, en pleine guerre froide,
de maintenir le Congo dans la sphère d'influence occidentale,
en attendant l'avènement en 1965 de Mobutu, ami des Etats-Unis
et de la France. Il met en cause le Premier ministre belge de
l'époque Gaston Eyskens, le chef de la diplomatie
Pierre Wigny et le ministre des Affaires africaines Harold
d'Aspremont Lynden, ainsi que des diplomates, des militaires
et des sociétés belges ayant soutenu la sécession
du riche Katanga minier sous la houlette de Moïse Tshombe.
L'auteur appuie sa thèse sur des archives du ministère
belge des Affaires étrangères et de l'ONU, qui
lui ont été ouvertes. Il révèle
notamment une note adressée le 5 octobre 1960 par M.
d'Aspremont Lynden aux diplomates belges au Congo, dans laquelle
le ministre écrit que "l'objectif principal à
poursuivre dans l'intérêt du Congo, du Katanga
et de la Belgique est évidemment l'élimination
définitive de Lumumba". Il publie aussi un télégramme
du 16 janvier 1961 où "Aspremont insiste personnellement
auprès (du) président Tshombe pour que
Lumumba soit transféré au Katanga dans les délais
les plus brefs" |
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Deboutcongolais.info
Un excellent site sur lhistoire pré
et post coloniale, avec beaucoup dinformations sur Lumumba
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