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Premier mouvement rebelle
anti-Kabila créé début août 1998
à Goma dans la province du Nord Kivu, soutenu par le
Rwanda, ce mouvement a signé le 31 août les
Accords de Lusaka qui avaient été
paraphés le 10 juillet par les chefs d'Etat
concernés.
Refusant tout dialogue, hormis celui prévu par les
accords de Lusaka sous l'égide de
l'ex-président botswanais Masire, le RCD Goma
a toutefois tenté un rapprochement notoire avec les
chefs d'Etats francophones, notamment lors du sommet
France-Afrique de Yaoundé au début de
l'année, où il avait envoyé une
délégation chargée de prendre langue
avec divers chefs d'Etats présents aux
côtés de Jacques Chirac. Si les portes
de l'ensemble de la délégation
française sont restées closes, le RCD a
malgré tout pu exposer ses doléances au
ministre gabonais des Affaires étrangères,
Jean Ping, dont le président Omar Bongo va
sans doute jouer un rôle important dans de futures
négociations inter-congolaises.
Est-ce parce que le RCD Goma sentait poindre un
"lâchage" de son parrain rwandais ou parce que ses
dirigeants ne veulent pas rester sur la touche lors de la
recomposition du paysage politique congolais ? Difficile de
le savoir pour l'heure.
Ce mouvement, avec ou sans le Rwanda, entend bien de toute
façon se faire entendre à la table des
négociations, fort de son armée de 50 000
hommes qu'il revendique et des milliers de Km 2 qu'il
occupe. Si à son lancement, ce mouvement a
tenté d'initier un dialogue inter-ethnique dans le
Kivu en proie à l'éternel conflit population
"autochtone" contre "étrangers" ou perçus
comme tels, que sont notamment les tutsis Banyamulenge,
c'est aussi un de ses principaux échecs. Non
seulement la situation sur ce plan ne s'est pas
améliorée dans les territoires que
contrôle le RCD Goma, mais elle a même
empiré au vu des multiples attaques des combattants
Mai Mai qui perdurent dans la région.
A la table de futures négociations, les actuels
dirigeants du RCD Goma auront bien du mal à ne pas se
faire traiter de "collaborateurs" de l'ennemi, en
l'occurrence des Rwandais, avec tous les relents de
xénophobie et de racisme qui sous-tendent de tels
jugements, mais que l'on entend à foison en ce
moment. Des mouvements comme le Conseil de Défense du
Congo (CFD) promettent déjà de mauvais jours
aux "collabos" sur des sites internet. (*)
Il reste que des responsables du RCD, banyamulengues
à part entière, n'auront sans doute pas peur
de revendiquer leur droit, ni de rappeler qu'ils ont pris
les armes pour entre autre, se faire reconnaître aussi
comme Congolais à part entière. Il ne faudrait
surtout pas négliger cette composante banyamulenge du
RCD, qui est sans doute la mieux formée et la plus
"décidée" de la branche militaire de ce
mouvement rebelle.
Ceux qui enterrent déjà ce mouvement en cas de
départ du Rwanda du Congo vont un peu vite en
besogne, d'autant que le RCD aura à faire face
à un fort désir de représailles et de
vengeance dans le Kivu.
Ce mouvement a subi de multiples érosions,
nombreux de ses membres "fondateurs", en ayant
démissionné ou en étant exclus, parmi
lesquels Arthur Zahidi Ngoma (1)
Le premier président du RCD Goma fut Wamba dia
Wamba, qui fut mis en minorité en 1999 et
créa son propre mouvement le RCD-Kisangani ,
après s'être installé dans cet ville.
(2)
Wamba dia Wamba fut remplacé à la tête
du RCD Goma par le Dr Émile Ilunga Kalambo,
qui "démissionna" à son tour, le 28 octobre
2000 et fut remplacé par le Dr Adolphe Onosumba
Yemba, qui était responsable du
département des Relations extérieures du RCD
avant d'en prendre la tête. Adolphe Onosumba Yemba, 34
ans, avait rejoint Goma seulement en avril 1999.
Ce remaniement était dû, selon les propres
explications du RCD Goma, "à la mauvaise gestion
politique, à la gangrène de la division, et
à l'impunité caractérisée",
entre autres. Le mouvement s'est doté à
l'occasion d'un secrétariat général.
En février 2001, la direction du RCD Goma se
compose donc ainsi :
- président, chef des armées :
Dr Adolphe Onosumba Yemba
- secrétaire général : Me
Azarias Ruberwa Manywa
Suivent les "chefs de départements ("ministres")
parmi lesquels on retrouve des fondateurs du RCD, comme le
Dr Bizima Karaha (Administration du territoire et
sécurité), Me Moïse Nyarugabo
(Justice, droits de l'homme et règlement des
conflits), Me Joseph Mudumbi (Relations
extérieures et coopération), Emmanuel
Kamanzi (travaux publics, aménagement du
territoire), le Commandant Jean-Pierre Ondekane
(Activités Militaires) ou Kinkey Mulumba
(Communication, qui a rejoint le RCD sur le tard, et qui
dirigeait le journal le Soft)
On trouve aussi d'anciens membres de l'UDPS comme
Crispin Kabasele (adjoint aux relations
extérieurs), qui fut pendant des années le
représentant du parti de Tshisekedi en France.
Ce mouvement a aussi modifié sa direction
militaire.
Le président du RCD préside dorénavant
un Conseil supérieur de l'Armée, nouvel organe
créé le 3 novembre. Cet organe suprême
de l'armée rebelle remplace le Haut commandement
militaire, poste occupé depuis 1998 par le commandant
Jean-Pierre Ondekane.
Le nouvel état-major général de
l'Armée nationale congolaise-Rcd (ANC-RCD) se compose
comme suit :
- chef d'État major
général : commandant Sylvain Buki
- chef d'état-major général
adjoint, chargé des Opérations :
commandant Malik Kijege
- chef d'état-major général adjoint
chargé de la logistique : commandant Gabriel Amisi
alias Tango Fort.
(1) Emprisonné par Kabila en novembre 1997 pour
avoir bravé l'interdiction sur les activités
politiques, alors qu'il était à la tête
des Forces du futur, Arthur Zahidi Ngoma fut un des premiers
membres fondateurs du RCD Goma. Mais après avoir
quitté le RCD lors de sa première
restructuration, il a critiqué ses anciens
compagnons, avec la même virulence qu'il
affectionnait lorsqu'il évoquait Kabila aux
premières heures de la rébellion. Un temps
"exilé à Paris, il a crée l'initiateur
de l'UPC qui regroupait une dizaine de formations politiques
opposées à Kabila et de toute
obédience, puisqu'on y retrouvait aussi bien le
Mouvement National Congolais/ Lumumba, que l'ancien parti
unique de Mobutu, le MPR. Il est rentré à
Kinshasa, mais n'ayant pu s'entendre avec Kabila sur une
responsabilité ministérielle, il est
retourné en Europe.
Il est aujourd'hui à la tête du Rassemblement
de l'Opposition Congolaise (ROC) qui vise à une
unité de l'opposition. Le ROC regroupe une vingtaine
de partis d'opposition dont le MPR (dirigée par
Catherine Nzuzi wa Mbombo, éternelle
"mobutiste"), le Parti Social Démocrate, le FONUS
de Joseph Olenghakoy, les Forces du Futur, ou encore
l'Alliance Nationale des Démocrates pour la
Reconstruction.
(2) Le Professeur Wamba dia Wamba a créé
alors son propre mouvement le RCD-Mouvement de
libération (RCD-ML), soutenu par l'Ouganda, mais a
dû à nouveau fuire Kisangani à la suite
de dissensions dans son groupe. Il s'est replié sur
Bunia, et son mouvement a fusionné en janvier 2001
avec le MLC de Jean-Pierre Bemba pour former le Front de
libération du Congo (FLC, soutenu par l'Ouganda).
Wamba dia Wamba est considérablement affaibli
aujourd'hui, n'ayant pas du tout su gérer le conflit
inter-ethnique entre les tribus Hema et Lendu. C'est Bemba
qui a dû venir en personne régler ce
problème (Cf. sa biographie). L'armée
ougandaise aurait formé 2 000 recrues du mouvement de
Wamba dia Wamba, en prévision de son
désengagement de la RD Congo.
Le groupe qui a chassé Wamba dia Wamba de Kisangani
est dirigé par son ancien "Premier ministre",
Mbusa Nyamwisa (un Nande) et son ancien "ministre des
Finances" Mbogemu Atenyi Tibasima.
(*) Sur divers sites et notamment celui du CFD, on ne
fait pas dans la dentelle. On y rappelle aussi que "lors des
deux guerres mondiales, l'occupation de la plupart des pays
de l'actuelle Union Européenne par les troupes
d'agression nazie révéla la
nécessité pour leurs peuples de combattre les
agresseurs. Il n'était pas question de dialogue entre
les agresseurs et les agressés, il n'était pas
question de réconciliation entre les collabos et les
résistants, il n'était pas non plus question
d'organiser les élections pour ensuite mener la
résistance contre l'occupant." Bon courage Monsieur
Masire þ
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