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L'actuelle
République démocratique du Congo, colonie
belge depuis 1885, n'a jamais vraiment connu la
stabilité politique depuis la proclamation de son
indépendance le 30 juin 1960. Entre 1885 et 1908,
l'Etat Indépendant du Congo était la
propriété personnelle de Léopold II,
roi des Belges, puis a subi la colonisation belge de 1908
à 1960. La première émute
anti-coloniale éclata le 5 janvier 1959, au stade
Baudoin de Léopoldville. Le 13 janvier, la Belgique
annonce des réformes devant mener à
l'indépendance. En janvier et février 1960, se
tient, à Bruxelles, une table ronde
préparatoire à l'indépendance. Il
existait à l'époque le Mouvement National
Congolais (MNC) cofondé par Joseph Iléo
Songo Amba et Albert Kalonji Ditunga, et
présidé par le syndicaliste
Patrice-Émery Lumumba. Etienne
Tshisekedi était conseiller politique au sein du
MNC.
N.B. Cette chronologie évoque des
événements survenus au Rwanda, dans la mesure
évidente où ils ont interféré
sur la situation en RD Congo. Sauf à écrire
l'histoire du pays en dix ou cent volumes, il n'a pas
été possible d'évoquer les innombrables
arrestations d'opposants, journalistes, militaires,militants
de la société civile ou simples citoyens, qui
ont souvent perdu la vie, que ce soit sous la
pérdiode Mobutu, la "présidence" de Kabila ou
en zones contrôlées par les différents
mouvements rebelles.
Année 1960
30 Juin : l'indépendance est
proclamée. Joseph Kasavubu
devient président et Patrice
Lumumba Premier ministre. Un officier belge,
commandant de la Force publique, seule force armée du
pays, le général Janssens, déclare :
«après l'indépendance égale avant
l'indépendance». Mauvais présage pour le
nouveaux tenants du pouvoir à Kinshasa. Dès le
début du mois de juillet l'armée montre des
signes d'agitation à la fois contre les Belges et
contre Lumumba. Mobutu, ancien militaire, devenu journaliste
et qui avait participé à la table ronde
préparatoire de l'indépendance en tant que
délégué du MNC, est nommé
secrétaire d'Etat chargé des questions
politiques et administratives.
5 juillet : une mutinerie éclate au sein des
troupes congolaises de la Force publique, à
encadrement belge. Des dizaines de milliers de Belges fuient
le pays.
8 juillet : Mobutu est nommé chef
d'état-major des armées et entreprend
l'africanisation de l'encadrement militaire.
11 juillet : Moïse Tshombe proclame la
sécession de la province minière du
Katanga (sud-est). La province rebelle ne retournera au
gouvernement central qu'en 1963.
14 juillet : Lumumba, qui ne contrôle plus le
pays, en appelle à l'ONU et à l'Union
soviétique et rompt les relations diplomatiques avec
la Belgique. La veille, des troupes belges avaient
débarqué dans la capitale
Léopolville.
8/9 août : Albert Kalondji proclame l'Etat
autonome du Sud-Kasaï, avec des soutiens des pays
occidentaux.
C'est le début de la première guerre civile
marquée par l'intervention de mercenaires
étrangers, une vaste opération de maintien de
l'ordre sous l'égide de l'ONU.
5 septembre : le président kasavubu
destitue Lumumba du poste de Premier ministre et fait
déjà appel au jeune colonel
Joseph-Désiré Mobutu pour "gérer" le
pays. Antoine Gizenga, compagnon de lutte de Lumumba,
crée la "République populaire du Congo" avec
"capitale" Stanleyville (Kisangani), qui sera reconnue par
une quinzaine d'Etats.
12 septembre : kasavubu installe un gouvernement
dirigé par Joseph Ileo.
14 septembre : Mobutu "neutralise" Kasavubu et
Lumumba et instaure un collège de commissaires
généraux en lieu et place du gouvernement.
10 octobre : des éléments de la
nouvelle armée nationale congolaise (ANC) tentent
d'arrêter Lumumba, qui vit maintenant sous la
protection de Casques bleus.
1er décembre : Patrice Lumumba est
arrêté par les troupes de Mobutu dans le
Kasaï, alors qu'il tentait de rejoindre
Stanleyville.
12 décembre : Gizenga proclame Stanleyville
"capitale provisoire" du pays.
Année 1961
17 janvier : Lumumba est assassiné.
Selon la version officielle, il s'est agi d'un
règlement de comptes entre Congolais et sa mort n'a
été annoncée que le 13 février.
Patrice Lumumba a en fait été assassiné
près d'Elisabethville (actuelle Lubumbashi), capitale
de la province alors sécessionniste du Katanga.
Criblé de balles, son corps n'a jamais
été retrouvé, pas plus que ceux de deux
proches tués avec lui, Joseph Okito et Maurice Mpolo.
Un livre récent du sociologue flamand Ludo De Witte,
"L'assassinat de Lumumba", tord le cou à cette
vérité-là et assure, preuves à
l'appui, que la Belgique "porte la plus grande
responsabilité" dans ce crime. Selon l'auteur, le but
de l'élimination était, en pleine guerre
froide, de maintenir le Congo dans la sphère
d'influence occidentale.
Gérard Soete, commissaire de police belge
chargé à l'époque de mettre en place
une "police nationale katangaise", a reconnu en l'an 2000,
avoir transporté les trois corps à 220
kilomètres du lieu de l'exécution, pour les
enfouir derrière une termitière, en pleine
savane boisée. De retour à Elisabethville, il
reçut cependant "l'ordre" du ministre de
l'Intérieur katangais, Godefroid Munongo, de faire
disparaître les cadavres. Ce qu'il fit en
découpant les corps puis en les aspergeant d'acide þ
Une commission d'enquête parlementaire belge doit
bientôt rendre le bilan de ses investigations sur le
rôle de la Belgique dans l'assassinat de Lumumba.
(L'assassinat de Lumumba, par Ludo De Witte- Editions
Karthala)
Années 1962/63
L'armée et les forces de l'ONU mettent un terme
à la rébellion de Gizenga en janvier 1962 et
un an plus tard, en janvier 1963 au séparatisme
Katangais.
Années 1964/65
Une vaste rébellion embrase le pays,
faisant au moins 500.000 morts, selon des historiens. Elle
est principalement organisée contre le pouvoir
central par des partis d'inspiration communiste ou
lumumbiste. Elle démarre dans la province du Kwilu
(ouest) sous la conduite de Pierre Mulele, qui fut
ministre de Lumumba. D'autres rebelles - Christophe Ngbenye,
Gaston Soumialot, le général Olenga et un
"colonel" Kabila - déclenchent à leur tour
la rébellion des Simba de l'Est, s'emparent du
Kivu-Maniema, de la province Orientale, du Nord-Katanga, du
Sankuru et d'une partie de la province de l'Équateur.
Stanleyville tombe sous le contrôle des rebelles
Simba.
1er juillet 1964 : Moïse Tshombe est
nommé Premier ministre par le président
Kasavubu, toujours avec la bénédiction des
pays occidentaux, pour tenter d'enrayer ces
rébellions d'inspiration communiste. Point d'orgue de
cette "reconquête", l'opération "Dragon rouge",
qui permet aux forces gouvernementales aidées de
mercenaires de reprendre le contrôle de Stanleyville
(Kisangani).
Moïse Tshombe est destitué du poste de Premier
ministre et remplacé par Evarsite kimba. (En 1967,
l'avion dans le quel se trouve Moïse Tshombe,
exilé en Espagne, est "intercepté" bizarrement
au-dessus de l'Algérie, où il sera
placé en résidence surveillée,
jusqu'à sa mort d'une "crise cardiaque" en juin
1969.)
24 novembre 1965 : coup d'Etat. A
l'époque colonel, Joseph-Désiré
Mobutu, commandant de l'armée, renverse le
président Kasavubu. Mobutu nomme comme Premier
ministre un militaire, le colonel Léonard Mulamba, et
gouverne par "ordonnances-lois", sans aucun contrôle
du Parlement. Toutes les activités des partis
politiques sont suspendues.
Année 1966
La capitale Léopoldville prend le nom de
Kinshasa. Mobutu est proclamé président de
la République et commence, appuyé sur son
parti-Etat du Mouvement populaire de la Révolution
(MPR, créé le 17 avril 1967,
officialisé en mai), un règne sans partage.
Chaque Zaïrois devient "membre" du MPR par naissance.
Tout un programme þ
Mai : le "complot de la Pentecôte", dans
lequel est impliqué l'ancien Premier ministre,
Evariste Kimba, donne la mesure de ce qui attend les
Congolais. Condamnations à mort des comploteurs, et
pendaisons publiques à Kinshasa.
Année 1967
Octobre : Pierre Mulele, qui s'était
réfugié à Brazzaville, est
capturé dans des conditions étranges, et
exécuté au Zaïre.
Années 1970/72
En 1970, le général Puati, chef
d'état-major de l'armée est condamné
à mort. Son successeur, le général
Bangal, sera lui aussi condamné à mort, un an
plus tard, en octobre 1971.
Octobre 71: Africanisation. Le pays devient la
République du Zaïre et
Joseph-Désiré Mobutu prend le nom de Mobutu
Sese Seko kuku Ngbendu Wa za Banga.
Début d'une crise avec le Vatican (le cardinal Albert
Malula, accusé de subversion, doit partir en exil
pour avoir critiqué dans son journal "Afrique
chrétienne" le remplacement des noms chrétiens
par des noms "authentiques").
Année 1977
8 mars : le Shaba (ex-Katanga) est envahi par
d'anciens «gendarmes katangais» opposés
au régime Mobutu qui viennent d'Angola. Les
sécessionnistes sont conduits par le
général Nathanaël Mbumba, ancien
commissaire de police en 1967 et qui était parti en
exil en Angola en 1968. récupéré alors
par les Portugais, il servira dans les commandos
baptisés "Flèches noires", forgés par
les Portugais pour éliminer les rebelles
révolutionnaires angolais du MPLA. Nathanaël
Mbumba s'attaque au Shaba à la tête du front de
Libération national du Congo (FNLC), mouvement
créé dès le mois de juin 1968. Ces
sécessionnistes seront finalement défaits par
des troupes zaïroises, aidées par un corps
expéditionnaire marocain avec l'appui logistique de
l'armée française qui sert au transport
aérien des troupes marocaines et zaïroises.
Mbumba est définitivement vaincu en mai.
Année 1978
Mai : deuxième guerre du Shaba.
Invasion de Kolwezi par les ex-gendarmes katangais, venus
cette fois de Zambie. La prise d'otages européens
donne le prétexte à une intervention des
parachutistes français et belges qui libèrent
les ressortissants étrangers et permettent aux
troupes zaïroises de reprendre la ville.
Juin : une force panafricaine de maintien de la paix
(avec surtout des Togolais) est envoyée dans le Shaba
où elle restera un an.
Année 1982
15 février : Etienne Tshisekedi wa
Mulumba fonde dans la clandestinité l'Union
pour la démocratie et le progrès social
(UDPS) qui deviendra le fer de lance de la contestation
du régime Mobutu. Tshisekedi avait pourtant
collaboré avec Mobutu depuis des années (voir
sa biographie)
Année 1984
Novembre : des exilés zaïrois venus de
Tanzanie, conduits par Paul-Roger Mokede, qui a dirige le
Mouvement national congolais rénové,
s'emparent de la ville de Moba sur les rives du lac
Tanganiyka. Les forces zaïroises, aidées de
parachutistes français, réduisent ce nouveau
coup de force.
Année 1985
Février : violents incidents sur les campus
des universités de Mbandka et de Kisangani.
Juillet : les forces de la rébellion du
Parti révolutionnaire populaire (PRP) de
Laurent-Désiré Kabila attaquent pour la
seconde fois en six mois la ville de Moba. Le maquis de
Kabila est installé sur les rives du lac Tanganyika
depuis les années 60.
Année 1986
Mars : Amnesty International publie un imposant
rapport sur les multiples cas de "tortures, assassinats et
arrestations" .
Septembre : Mobutu envoie 350 parachutistes à
la rescousse du président togolais Eyadema
menacé d'invasion à partir du Ghana.
Année 1987
Juillet : plusieurs dizaines de soldats
zaïrois sont tués dans le Nord-Kivu, à
Kasindi. Dans cette région, foisonnent à
l'époque une multitude de groupuscules rebelles,
parmi lesquels, le Parti pour la libération du Congo
(PLC), l'Armée congolaise de libération (ACL),
ou des groupes qui se réclament du PRP de Kabila ou
du Mouvement national congolais (MNC). Ils opèrent
souvent à partir de l'Ouganda.
Année 1990
24 avril : dans un discours, Mobutu annonce la
fin du parti-Etat et autorise le multipartisme. Une
conférence nationale est convoquée, mais le
pays va connaître une longue période de
transition et s'enfoncer dans la confusion politique et le
désordre.
Nuit du 10 au 11 mai : un massacre d'étudiants
a lieu sur le campus universitaire de Lubumbashi, qui aurait
fait officiellement un mort. Des sources
indépendantes s'en tiennent quant à elles au
bilan de plus de cent tués.
Année 1991
19 mai : tous les partis conviennent que la
conférence nationale sera souveraine et ses
décisions exécutoires.
Avril à juillet : Emeutes et manifestations dans le
pays.
22 juillet : Tshisekedi est "nommé" par la
présidence, au poste de Premier ministre. Les
alliés de l'UDPS (PDSC et UFERI) protestent. Sous la
pression des combattant de l'UDPS, Tshisekedi refuse cette
nomination présidentielle.
Septembre : mutinerie de soldats suivie de pillages
à Kinshasa et dans d'autres villes: 117 morts. 9.000
résidents étrangers sont évacués
par des troupes françaises et belges.
1er octobre : Tshisekedi est "élu" Premier
ministre pour quelques jours. Il est rapidement
destitué par le maréchal Mobutu pour avoir
refusé de signer les passages de la prestation de
serment relatifs au chef de l'Etat "garant de la nation",
terme qu'il récusait. Il est remplacé le 23
octobre par Mungul Diaka, un ancien compagnon de Lumumba,
président du Rassemblement des démocrates
républicains (RDR), et qui vivait en exil en
Belgique. Mais son "étiquette d'opposant" ne passe
pas car, passées les années Lumumba, il fut
plusieurs ministres de Mobutu, membre du MPR, et son exil
n'était dû qu'à une fuite pour
détournement de fonds, en 1980. Il avait
créé son propre parti, le RDR, à la
faveur du multipartisme en 1990.
Année 1992
22 janvier : le gouvernement du nouveau Premier
ministre Nguz Karl I Bond annonce avoir déjoué
un coup d'Etat, visiblement monté de toutes
pièces pour permettre, à Mobutu de reprendre
de l'autorité sur le pays et notamment son
armée qui est de plus en plus
incontrôlée ,secouée par de nombreuses
désertions.
3 février : les évêques
publient un texte dans lequel ils vantent les
mérites de la Conférence nationale
souveraine.
16 février : la "marche des
Chrétiens". 500 000 personnes descendant dans la
rue à Kinshasa pour réclamer la poursuite du
processus de démocratisation à travers la
Conférence nationale souveraine (CNS), interrompue
par le gouvernement de Nguz Karl I Bond. Bilan, entre 17 et
32 morts, selon les sources.
14 août : Etienne Tshisekedi , le
Kasaïen, est "élu" Premier ministre du
Zaïre par la Conférence nationale
souveraine.
Le gouverneur "nationaliste" de la province zaïroise du
Shaba (ex-Katanga), Kyungu Wa Kumwanza et le Premier
ministre déchu, Nguz Karl I Bond, fondateur de
l'Union des fédéralistes et
républicains indépendants (UFERI),
déclenchent une "chasse aux Kasaïens"
dans la province du Katanga. Cette "épuration
ethnique" au Katanga a provoqué la mort de dizaines
de personnes, entraîné l'exode de milliers de
Kasaïens vers leur région d'origine dans des
conditions humanitaires et sanitaires effroyables.(Une
excellente bande dessinée de Tshibanda Wamuela Bujitu
et Nsenga Kibwonga - "Les refoulés du Katanga"; Edit.
Impala - retrace cet épisode sanglant pour les
Kasaïens)
4 décembre : les blindés et les
troupes de la garde présidentielle encerclent et
investissent les bureaux du Premier ministre Tshisekedi,
Mobutu lui rappelant "la légitimité du chef de
l'Etat".
Année 1993
Janvier : nouveaux pillages des militaires
à Kinshasa qui font entre 300 et 1.000 morts et
occasionnent le départ de plus de 2.000
résidents étrangers.
Des troubles ethniques dans le Shaba entraînent le
déplacement de près de 100 000 personnes. Les
violences ethniques font 2 000 morts dans les provinces du
nord Kivu.
Etienne Tshisekedi est destitué de son poste de
Premier ministre par Mobutu. La tête du
gouvernement est confiée à Faustin
Birindwa, un transfuge de l'opposition radicale qui
n'est même pas reconnu par les pays occidentaux
traditionnellement proches du Zaïre, Etats-Unis,
Belgique et France
Année 1994
Janvier : mise en place du Parlement de
transition du Zaïre (Haut conseil de la
république/Parlement de transition -HCR/PT),
instance législative de la transition, qui a
notamment pour rôle de contrôler l'action du
gouvernement. La constitution provisoire lui donne des
pouvoirs très étendus notamment celui de
décider en dernière instance de la
promulgation des lois en cas de désaccord entre le
gouvernement et la Présidence. Le HCR/PT est
instauré sur décision de la Conférence
nationale souveraine qui prend fin. La fin de la
transsition, "gérée" par la HCR/PT est
fixée au 9 juillet 1995.
Le HCR/PT est présidé par Mgr Laurent
Monsengwo Pasinya, archevêque de Kisangani. Les
738 conseillers qui composent le HCR/PT, choisis parmi les
2.800 participants à la Conférence nationale
souveraine (CNS) achevée en décembre 1992, ont
été désignés par les partis
politiques et les associations de la Société
civile et n'ont en fait aucune légitimité
populaire. Leur statut prévoit une indemnité
de l'ordre de 500 dollars par mois, une véritable
fortune au Zaïre, alors qu'un fonctionnaire ou cadre en
gagne moins de 50, lorsqu'il est payé.
La fin de la transition fixée constitutionnellement
au mois de juillet 1995 mais les élections
générales qui devaient se tenir avant cette
date n'auront finalement jamais lieu.
6 avril : au Rwanda, de retour d'un sommet de
chefs d'Etat en Tanzanie, l'avion du président
rwandais, Juvénal Habyarimana, est abattu par des
"éléments non identifiés" à
Kigali. Le président rwandais, son homologue
burundais Cyprien Ntaryamira et dix autres personnes sont
tuées. Le 7 avril, début d'une situation
très confuse à Kigali où le Premier
ministre, Agathe Uwilingiyimana, est tuée par des
militaires. Des milliers de Rwandais, notamment tutsis, sont
exécutés et 10 Casques bleus belges de la
MINUAR tués. C'est le début du
génocide. Le 20 avril, le Conseil de
sécurité de l'ONU n'autorise qu'une
présence symbolique de 270 Casques bleus. Le 23 mai,
le Front patriotique rwandais, qui va prendre le pouvoir
à Kigali, fait le bilan des massacres : "entre un
demi-million et un million" de personnes ont
été tuées depuis le 6 avril.
22 juin : le Conseil de sécurité de
l'ONU donne son feu vert à la France pour une
opération militaire destinée à
protéger les populations civiles contre les
massacres. L'opération, baptisée
"Turquoise", va mobiliser, jusqu'au 22 août, 2.500
soldats français, ainsi que plusieurs contingents
africains, dans le sud-ouest du pays, ainsi que dans les
camps de réfugiés du Zaïre.
Fin Juin : le maréchal Mobutu accorde aux
troupes françaises le droit de s'installer à
Goma, dans l'est du Zaïre, dans le cadre de
l'opération "Turquoise". Cette opération
permettra aux miciliciens Interahamwes et aux anciens
soldats génocidaires de l'armée rwandaise de
trouver protection au Zaïre.
Juillet : Kengo wa Dondo, qui a fait
éclater l'opposition radicale à Mobutu en deux
tendances, une regroupée derrière Tshisekedi
(l'Union sacrée de l'opposition radicale - USOR) et
la sienne dite "modérée" et appuyée par
les pays occidentaux, est désigné Premier
ministre par le HCR/PT, nomination qui déclenche la
colère permanente de Tshisekedi.
Du 14 au 18 juillet : plus d'un million de
rwandais hutus se réfugient dans l'est du
Zaïre, après le génocide au Rwanda et la
prise de la capitale Kigali, le 4 juillet, par le FPR.
Année 1995
31 mars : Etienne Tshisekedi appelle à
une marche monstre pour obtenir la démission de
l'archevêque Laurent Monsengwo, président
du HCR/PT, l'accusant de "trahison", de "goût
effréné du pouvoir" et de "ternir l'image de
marque de l'Eglise catholique". L'opposition radicale, qui
avait porté Mgr Laurent Mossengwo au pinacle de la
sagesse politique au temps de la Conférence nationale
souveraine (CNS, 1991-1992) et ensuite à la
présidence du HCR/PT, lui reproche d'avoir
favorisé la nomination de Kengo Wa Dondo, comme
Premier ministre issu de l'opposition
"modérée".
23 juin : l'Union de la gauche congolaise
(UGC), cartel des partis socialistes et lumumbistes
"progressistes", réclame dans une déclaration
que "le pouvoir exécutif qui lui a été
arraché par un coup de force au milieu des
années soixante lui soit restitué
pacifiquement le 9 juillet, date de la fin de la
transition".
La Cour suprême de justice décide de la
prolongation d'un an de la durée de la transition
politique dont la fin était initialement
prévue le 9 juillet 1995.
Mobutu signe quelques semaines plus tard une ordonnance
prolongeant la transition de deux ans. Les
élections devront se tenir avant juillet
1997.
18 août : des milliers de personnes
défilent à Kinshasa à l'appel de
l'Union sacrée de l'opposition radicale zaïroise
(USOR) pour protester "contre les ingérences
étrangères et celle de la France en
particulier" dans les affaires intérieures du
Zaïre.
Septembre : de son village natal de Gbadolite, Mobutu
déclare qu'"il n'est plus question que le Zaïre
donne l'impression qu'il veut chasser ceux qu'il a
fraternellement accueillis", faisant allusion à la
présence au Zaïre de plus d'un million de
réfugiés rwandais et burundais.
Octobre : les parlementaires du HCR/PT s'attribuent
une indemnité mensuelle de 1.000 dollars, lors d'une
réunion "à huis-clos" (le salaire d'un
professeur d'université n'excède pas 10 USD
par mois)
Des jeunes militants de l'Union pour la démocratie
et le progrès social (UDPS), parti de Tshisekedi,
sont accusés d'avoir indirectement (par jet de
pierres) provoqué la mort par crise cardiaque de
Roger Gisanga, membre fondateur de l'UDPS qu'ils avaient
pris à partie devant le domicile de Tshisekedi,
à Limete, dans la périphérie de
Kinshasa. Ces miliciens se dénomment les
"Parlementaires debout", par opposition aux parlementaires
qui siègent au Parlement de transition.
24 novembre : Mobutu fête ses trente ans de
pouvoir. L'opposition "radicale" animée par
Tshisekedi continue de réclamer le départ du
Premier ministre Kengo et appelle à une
journée "ville morte" considérant le 24
novembre comme une "journée de deuil" pour protester
contre "30 ans de dictature".
Novembre - décembre : au moins 100 morts
à la suite d'affrontements armés dans le
Masisi, à l'est du pays , entre la population
zaïroise Hunde et les Banyarwanda, populations
émigrées d'origine rwandaise arrivées
dans le pays de longue date, à la différence
des centaines de milliers de réfugiés hutus se
trouvant, depuis le génocide de 1994, dans la
région de Goma (plus au sud).
Depuis l'arrivée à Goma de soldats des Forces
armées rwandaises (FAR) en déroute, le niveau
d'armement des bandes rivales, qui s'opposent à
l'origine sur des questions de propriété de la
terre, s'est considérablement accru. Des
extrémistes hutus rwandais seraient intervenus dans
le conflit et menaceraient également les quelque
banyarwandais tutsis dans le Masisi. La population totale du
Masisi est estimée à 600.000 personnes dont 85
% de Banyarwandais et 15 % de Hunde, qui se
considèrent comme les seuls véritables
autochtones.
25 décembre : 19 morts à Goma,
dont un officier supérieur de la Garde civile,
à la suite de violences entre militaires de
différentes armes et des civils.
(De 1996 à 2001)
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