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Exécutions sommaires, torture de prisonniers, exploitation des tensions ethniques: Asma Jahangir, expert de lONU, mandatée pour enquêter sur le massacre qui a eu lieu en mai dernier à Kisangani, a sévèrement mis en cause le RCD-Goma qui a rejeté ses accusations.
Le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD, soutenu par le Rwanda) qui contrôle lest du Congo depuis Goma, a qualifié de fantaisiste le chiffre de plus de 150 morts, avancé le 27 juin à Genève par Mme Asma Jahangir, après la mutinerie de certains éléments du RCD, le 14 mai à Kisangani. Le RCD a fait état de 41 morts.
Sexprimant pour la première fois devant la presse à son retour dune mission en RDCongo, du 16 au 21 juin, Mme Jahangir a attribué la responsabilité de ces tueries aux autorités du RCD. Celles-ci ont accusé à leur tour le gouvernement de Kinshasa dêtre de connivence avec les mutins.
Mme Jahangir, rapporteur spécial de la Commission des droits de lhomme sur les exécutions arbitraires, a souligné quelle sappuyait sur de nombreux témoignages recueillis lors de sa mission et sur des preuves quelle détaillerait dans son rapport.
Le 14 mai, a-t-elle rapporté, une foule de civils, de soldats mutins du RCD et de policiers, a déboulé dans le centre-ville, répondant à un message diffusé par la radio locale. Prenez vos machettes, venez tuer les Rwandais. Nous en avons assez dêtre sous le contrôle des Rwandais, disait le message.
Six personnes ont été lynchées par la foule. Lune delles a été lapidée, une autre tuée à la machette et une autre brûlée.
Des renforts du RCD sont ensuite arrivés de Goma pour réprimer les mutins. Des témoins ont fait état dexécutions sommaires en trois lieux différents de la ville.
Il y a eu des exécutions de civils dans la municipalité de Mangobo à la périphérie de Kisangani, a affirmé lexpert de lONU qui dispose de plusieurs listes de noms de victimes.
Il sagit seulement de ceux que lon a pu identifier dans une atmosphère de grande terreur qui règne encore aujourdhui là-bas, a-t-elle souligné.
Elle a fait état également dinformations accablantes et de preuves de massacres de policiers et de soldats mutins au pont de Tchopo sur le fleuve Congo. Des personnes ont été abattues par balles, mais aussi tuées à la machette. Certains cadavres ont été ouverts et lestés de pierres pour quils coulent dans le fleuve, a-t-elle affirmé.
Jai aussi rencontré des gens en prison et jai vu les marques de tortures sur leurs corps, a-t-elle poursuivi, ajoutant que les prisonniers avaient peur dêtre exécutés.
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