N° 254
du 02/09/2002

RD Congo


Les extrémistes hutus rwandais sur la sellette

Sitôt l’accord de Pretoria signé, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), groupe de rebelles extrémistes hutus rwandais implantés en RD Congo, se sont déclarées dans un communiqué “opposées” à cet accord qu’elles considèrent comme “une manœuvre dilatoire”. Et ce, “aussi longtemps que le gouvernement de Kigali n’aura pas accepté un retrait sans condition de ses troupes de la RDC”, selon ce communiqué. “Les FDLR ont accepté volontairement d’arrêter les combats, de démobiliser et de désarmer une partie de leurs combattants regroupés à Kamina”, rappelle le communiqué, signé depuis Vienne du porte-parole de cette organisation, Alexis Nshimyimana. En novembre 2001, près de 1.700 combattants hutus rwandais se réclamant des FDLR avaient déposé les armes. Ils avaient été regroupés et désarmés en novembre 2001 par le gouvernement congolais sur la base militaire de Kamina (sud-est de la RDC).
En conclusion, l’organisation hutu souligne que le président de la RDC, Joseph Kabila, “doit se rappeler que les FDLR ont combattu aux côtés de l’armée congolaise sur l’invitation du gouvernement de la RDC”. Les FDLR ont signé le 27 mars dernier une alliance avec deux autres partis d’opposition rwandais en exil, formant l’Alliance pour la démocratie et la réconciliation (ADRN-Igihango). Cette alliance a suscité beaucoup de polémique au sein de l’opposition en exil, notamment à cause de la présence dans les rangs des FDLR de personnes recherchées pour leur participation présumée au génocide de 1994 qui a fait un million de morts.

Par ailleurs, une tribu de la province de l’Ituri, dans le nord-est de la RD Congo, a demandé le “démantèlement immédiat” des groupes extrémistes hutus rwandais dans cette région. “Dans le cadre de l’accord de paix de Pretoria, les Hema demandent le démantèlement immédiat et la neutralisation des 500 Interahamwe aujourd’hui présents dans l’Ituri”, a déclaré à Bukavu (est) le porte-parole des Hema, selon qui 300 Interahamwe se trouvent actuellement à Bunia, et 150 autres dans la périphérie de la ville, dans le village de Mongwalu.

Au sud-Kivu, les Interahamwe ont aussi fait parler d’eux. Au moins 8 civils ont été tués depuis le 29 juillet dans des pillages menés par des centaines de ces extrémistes hutus rwandais, qui ont de leur côté perdu trois hommes, dans la province du Sud-Kivu. Le village de Nyabibwe, à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Bukavu (capitale du Sud-Kivu), a été pillé dans la nuit du 28 au 29 juillet par plus de 500 Interahamwe, accompagnés d’un grand nombre de femmes et d’enfants, venus de la forêt voisine de Biriro, selon la radio locale indépendante Mandeleo. Les assaillants, dont la plupart portaient des tenues militaires, étaient armés d’environ 80 fusils d’assaut.
La même nuit, une personne a été tuée au cours d’une autre tentative de pillage dans le village de Kamakombe, à 3 kilomètres de l’aéroport de Bukavu. L’homme, qui tentait d’empêcher l’enlèvement de sa fille, a été massacré à la machette, selon radio Mandeleo. Au moins trois personnes ont été kidnappées par les assaillants hutus rwandophones.
Toujours dans la même région, des Interahamwe venus du parc naturel de Kahuzi-Biega ont attaqué, le 30 juillet au soir, six petites localités du territoire de Kabare, pillant tous les biens des villageois.
Plusieurs sources au sein de la rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) à Bukavu ont fait état d’une forte concentration de combattants Interahamwe, accompagnés de leur famille, dans les forêts de cette région, en particulier dans le parc naturel de Kahuzi-Biega.


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