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Larmée rwandaise a commencé à quitter le Kivu
Larmée rwandaise a entamé le 27 septembre la troisième phase de son retrait de lest de la RD Congo, en rapatriant ses premières troupes de la région très troublée du Kivu, frontalière avec le Rwanda.
Entamé le 17 septembre à Kindu (centre-est), puis dans le Nord-Katanga (sud-ouest), le retrait des 23.400 militaires rwandais déployés sur le territoire congolais doit être achevé à la fin de la première semaine doctobre, selon le chef détat-major de larmée rwandaise, le général James Kabarebe.
Un premier bataillon denviron 600 hommes a quitté à bord dune quinzaine de camions la petite localité de Sake, à 30 kilomètres de la ville congolaise frontalière de Goma, pour rejoindre le Rwanda voisin, marquant ainsi le début des opérations de rapatriement dans la province du Nord-Kivu.
Scandant à tue-tête des chants militaires et frappant dans leurs mains, les soldats de lArmée patriotique rwandaise (APR) ont traversé Goma sous le regard quasi indifférent des habitants, puis franchi la frontière rwandaise.
Seuls quelques dizaines de badauds sétaient regroupés le long des avenues de Goma et au poste-frontière pour assister à ce départ, se contentant parfois dun bref salut de la main ou se hasardant à un ironique bye-bye, noubliez personne ou encore bon voyage et laissez-nous en paix.
Comme à Kindu et dans le Nord-Katanga, les représentants de la MONUC, accompagnés de leur chef, le général sénégalais Mountaga Diallo, et des observateurs sud-africains ont assisté à ce premier retrait du Nord-Kivu.
Le départ des troupes rwandaises du Sud-Kivu débutera officiellement le 2 octobre à Bukavu. Les troupes rwandaises ont déjà évacué un certain nombre de petites localités stratégiques du Sud-Kivu, dont elles avaient pris le contrôle il y a près de deux mois.
Ce retrait seffectue conformément à laccord de paix entre la RDC et le Rwanda signé le 30 juillet à Pretoria, sous médiation sud-africaine, et qui prévoit notamment le retrait des troupes rwandaises de lest de la RDC.
Le retrait des troupes rwandaises suscite de fortes inquiétudes pour lavenir de cette région, déjà la plus troublée de lex-Zaïre. Nous ne laissons aucun vide derrière nous, a assuré le chef détat-major de lAPR. La MONUC, qui doit désarmer les Interahamwe (miliciens hutus responsables du génocide de 1994 au Rwanda), la partie sud-africaine et le RCD-Goma sont là, a-t-il rappelé, ajoutant : "si la MONUC, lAfrique du Sud et Kabila ne respectent pas leurs engagements et laissent les Interhamawes attaquer le Rwanda, nous nous défendrons et nous riposterons.
Retrait total des troupes ougandaises fin décembre
Les troupes ougandaises, elles, auront totalement quitté la RD Congo le 29 décembre selon un calendrier communiqué à Kinshasa par le Commissaire général du gouvernement chargé du suivi du processus de paix dans la région des Grands Lacs, Vital Kamerhe.
Ce calendrier de mise en uvre de laccord de Luanda, signé le 6 septembre entre la RDC et lOuganda, prévoit successivement linstallation à Bunia (Province orientale) de la Commission de pacification de lIturi (partie est de la Province orientale), la mise en place de lautorité administrative dépendant de Kinshasa et louverture le 3 décembre dans cette ville de lambassade de Kampala en RDC.
La population de lIturi vit dans le sentiment constant dinsécurité et dabandon du fait des affrontements armés des milices inter-ethniques, a déploré le Commissaire du gouvernement de Kinshasa, rappelant que cette zone a été récemment le théâtre daffrontements entre forces rebelles, milices ethniques et larmée ougandaise.
Jusqualors allié militaire du Mouvement de Libération du Congo (MLC -rébellion), lOuganda a entamé le retrait de ses troupes mais maintient des hommes à Bunia (Province orientale) à la demande notamment de la MONUC pour assurer la sécurité des populations.
La présence de larmée ougandaise ne devrait plus être justifiée après la mise en place de lautorité administrative représentée par les institutions décentralisées de Kinshasa, estime le gouvernement de Kabila.
Dès la constitution dun Etat-major mixte intégré, des unités des Forces armées congolaises (FAC) et de lUPDF (armée ougandaise) se déploieront, du 12 octobre au 29 novembre, sur le massif du Ruwenzori. Le massif du Ruwenzori, couvert dune épaisse forêt équatoriale et dont le plus haut sommet, le pic Marguerite, culmine à 5.119 m, forme une frontière naturelle entre la RDC et lOuganda du nord du Lac Albert au Lac Edouard.
Le déploiement pendant quatre ans des troupes ougandaises dans lest de la RD Congo a été un succès, a affirmé le ministre ougandais de la Défense Amama Mbabazi. Nous avons réussi à mettre en déroute les rebelles de lADF (Allied Democratic Forces, Forces alliées démocratiques) et ceux qui les soutenaient., a-t-il ajouté. Le ministre a également indiqué que la présence ougandaise avait contribué à laccélération du processus démocratique dans lex-Zaïre et permis à plusieurs groupes rebelles congolais de recevoir une formation militaire.
Retrait des derniers soldats zimbabwéens et angolais du front Est
Les derniers contingents zimbabwéens et angolais, alliés du gouvernement de Kinshasa, ont achevé le 21 septembre, leur retrait du front Est, à Kamina. Ces forces alliées déployées sur le front Est (le Katanga et les deux Kasaï) avaient pour mission de défendre la ville diamantifère de Mbuji-Mayi (Kasaï oriental, centre) et la riche province cuprifère du Katanga (sud-est).
Quelque deux cents soldats zimbabwéens et une cinquantaine dartilleurs de la Force de défense angolaise, qui faisaient partie des forces alliées de la Communauté de développement de lAfrique australe (SADC) basées depuis fin octobre 1998 à Kamina, ont regagné leur pays par un vol civil à lissue dune cérémonie colorée, marquée par une parade militaire.
Après lexécution des hymnes nationaux zimbabwéens, angolais et congolais le commandant des forces alliées de la SADC chargé de cette zone, le général de brigade Nicolas Doube, de nationalité zimbabwéenne, a rappelé la mission qui avait été celle de ses troupes. Le général-major zimbabwéen Chibanda et le contre-amiral angolais Lando Vipère, respectivement commandant et commandant adjoint des forces alliées de la SADC, ont engagé larmée et la police congolaises à préserver les acquis de cette guerre pour sauvegarder lintégrité et la souveraineté de la RDC.
Le représentant de lEtat-major inter-armées de RDC, le général de brigade Mukalay Mwila, a rendu un hommage appuyé aux soldats alliés pour avoir accepté de combattre, aux côtés des Congolais, jusquau sacrifice suprême.
Le 6 septembre, les deux derniers détachements du contingent zimbabwéen (300 hommes de troupe) en Equateur (nord) avaient quitté définitivement leurs positions du front nord, suivies le 13 septembre par deux détachements déployés à Mbuji Mayi.
Des troupes zimbabwéennes et angolaises sont toujours stationnées à Lubumbashi (1.500 km au sud-est de Kinshasa). Quant à la Namibie, elle avait décidé en septembre 2001 de retirer ses 2.000 soldats de RDC.
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