N°256
du 02/10/2002

RD Congo


Tournée dans la région des Grands Lacs
du ministre français des Affaires étrangères

A l’issue d’une visite de trois jours dans la région des Grands Lacs, le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin a souligné la mobilisation de la communauté internationale et des pays africains pour le règlement définitif de la crise en RD Congo.
“Jamais comme aujourd’hui la Communauté internationale ne s’est concentrée sur l’Afrique et sur cette région. Jamais la communauté africaine n’a ainsi été au rendez-vous”, a déclaré à Kinshasa M. de Villepin, évoquant les médiations qui ont conduit à l’accord de paix de Pretoria entre le Rwanda et la RDC.
La tournée de M. de Villepin l’a d’abord conduit en Tanzanie et au Burundi, où il a évoqué le processus de négociations entamé pour un cessez-le-feu entre le gouvernement de transition de Bujumbura et l’aile majoritaire du principal mouvement rebelle hutu, les Forces pour la défense de la démocratie (FDD).
Mais c’est à Kigali et à Kinshasa -les capitales ennemies- que le ministre français des Affaires étrangères a consacré l’essentiel de ses efforts.
“Je viens exprimer l’engagement de la France pour que la République démocratique du Congo retrouve son intégrité territoriale et sa souveraineté et joue effectivement son rôle stratégique au coeur de l’Afrique”, a-t-il affirmé à l’issue d’une longue audience avec le président Joseph Kabila.
“C’est un moment charnière, chacune des parties doit prendre ses responsabilités et honorer ses engagements”, a ajouté le ministre français, évoquant le processus de paix engagé par les accords de Pretoria et de Luanda.

A Kigali, Dominique de Villepin, qui s’est entretenu pendant plus d’une heure avec le président rwandais Paul Kagame. “C’est une nouvelle page qui s’écrit entre le Rwanda et la France, il est important que nous regardions maintenant vers l’avenir”, a-t-il déclaré lors d’un point de presse.
Il a par ailleurs estimé qu’une dynamique était engagée avec le retrait de l’armée rwandaise de l’est de la RDC et la tenue par cette dernière de ses engagements sur le regroupement des ex-FAR et des Interahamwe.
“Du fait de sa place particulière sur le continent, la France a un rôle particulier à jouer et notre expérience de l’Afrique nous donne la capacité à tirer les leçons du passé”, a affirmé Dominique de Villepin.
Reste qu”’il faut donner à la paix les moyens de se faire et répondre aux urgences”, a rappelé le ministre français qui a reconnu que la MONUC avait “besoin de moyens et d’effectifs”.
“La France va apporter son soutien logistique et financier à la MONUC, et va participer, à hauteur de 2 millions d’euros, au processus de 2D-3R” a annoncé Dominique de Villepin.
Le processus 2D-3R (démobilisation, désarmement, regroupement, rapatriement et réinsertion des groupes armés) dont la MONUC a la charge dans le cadre de la résolution 1376 du Conseil de Sécurité des Nations unies, concerne les Interahamwe (milices hutues rwandaises) ainsi que “tous les autre groupes armés qui se trouvent dans l’est de la RDC, y compris les anciens combattants et déserteurs des Forces armées zaïroises et congolaises ainsi que les milices pro-gouvernementales Maï-Maï, a indiqué une source diplomatique française à l’AFP. Etant donné sa complexité, cette opération nécessite une rigoureuse coordination ainsi que l’implication du gouvernement de Kinshasa et des pays donateurs.


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