N°257
du 17/10/2002

RD Congo


Le Rwanda demande à la RD Congo
de “démanteler le leadership des FDLR”

Le gouvernement rwandais a appelé les autorités congolaises à “démanteler le leadership des FDLR” (Forces démocratiques de libération du Rwanda, opposées au régime de Kigali) au lendemain d’une rencontre à Kinshasa avec des responsables congolais. “Nous leur avons clairement demandé de démanteler le leadership des FDLR avant de désarmer les troupes de ces mêmes FDLR”, a déclaré le secrétaire général au ministère rwandais des Affaires étrangères, Joseph Mutaboba qui faisait partie d’une délégation gouvernementale rwandaise qui s’est rendue à Kinshasa dans le cadre d’une mission d’évaluation de l’application de l’accord de paix de Pretoria entre le Rwanda et la RDC, signé le 30 juillet sous médiation de l’Afrique du Sud.

Organisation politico-militaire luttant contre le régime de Kigali, et dont certains membres sont soupçonnés de participation au génocide de 1994, les FDLR ont été interdites le mois dernier par le gouvernement de Kinshasa, et leurs dirigeants déclarés “persona non grata” en RDC.
Même si Kinshasa a fait arrêter le colonel Renzaho (ancien préfet de Kigali pendant le génocide de 1994), Kigali s’étonne que son supérieur, le général Ntiwiragabo vive toujours tranquillement à Kinshasa.
Le colonel Tharcisse Renzaho, soupçonné de participation au génocide rwandais de 1994, a été arrêté par les autorités congolaises à la fin du mois dernier à la demande du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) d’Arusha, puis remis à ce tribunal.
“Il y a d’autres commandants encore actifs comme Mugaragu et Gakara, qui font partie de la garde républicaine congolaise à Kinshasa”, selon M. Mutaboba, qui estime que “les autorités de Kinshasa n’ont pas fait tout ce qu’elles devaient faire”.
Abordant la question des dirigeants des FDLR détenus au port de Kinshasa (arrêtés alors qu’ils tentaient de revenir clandestinement à Kinshasa depuis le Congo-Brazzaville voisin), le secrétaire général des Affaires étrangères a estimé : “ils doivent retourner au Rwanda si ils sont innocents ou être transférés au tribunal d’Arusha si ils sont criminels”. “Leur offrir un corridor pour de nouvelles destinations rappelle l’opération Turquoise”, a-t-il ironisé.
Officiellement opération humanitaire, l’opération Turquoise, menée par l’armée française à partir du 14 juin 1994, avait en fait permis la fuite de nombreux responsables du génocide dans l’est de la RDC.


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