N°257
du 17/10/2002

RD Congo


Procès de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila
115 peines de morts requises

Le procureur général de la Cour d’ordre militaire de la RD Congo a requis à Kinshasa la peine de mort pour 115 des 135 personnes accusées d’avoir organisé l’assassinat du président Laurent-Désiré Kabila. Ce réquisitoire concerne notamment le chef d’état-major particulier de Laurent-Désiré Kabila, le colonel Eddy Kapend, le conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité, Nono Lutula, l’administrateur général de l’Agence nationale de renseignement (ANR), Georges Leta Mangasa ainsi qu’une trentaine d’officiers et sous-officiers de la garde rapprochée du défunt président de la RDC.
Les plaidoiries de la défense auront lieu après le 14/10 au centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK), transformé pour l’occasion en prétoire de la COM.
Emprisonnées depuis janvier 2001, 135 personnes ont été accusées par la Cour d’ordre militaire d’avoir participé à l’assassinat, le 16 janvier 2001, de Laurent-Désiré Kabila abattu dans sa résidence du Palais de marbre à Kinshasa, par l’un de ses gardes du corps, Rachidi Kasereka.
Deux officiers supérieurs, le général Yav Nawej et le colonel Eddy Kapend ont été formellement inculpés de complot et d’assassinat contre le président Kabila.
Les autres prévenus ont été inculpés de diverses charges, notamment “complot”, “trahison” et “abandon de poste” pour les évènements qui ont entouré l’assassinat du chef de l’Etat.
Quelques jours après le début du procès, le 19 mars, le huis clos avait été prononcé et levé fin septembre après quatre mois.
Une organisation des droits de l’Homme en RD Congo, la Voix des sans voix (VSV), a dénoncé le réquisitoire de la COM, estimant que cette dernière avait “distribué des condamnations à mort à des innocents”.
“Nous craignons que des innocents et des simples exécutants ne soient exécutés en lieu et place des auteurs de cet assassinat encore en circulation à Kinshasa”, a déclaré le président de la VSV, Floribert Chebeya Bahizire.
La VSV explique que la récente suspension du moratoire sur la peine de mort en RDC a été décidée par le gouvernement “tout simplement pour annoncer que les condamnés à mort à l’issue de ce procès seront exécutés”.


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