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En lespace de quatre ans, le district de lIturi, au nord-est de la RDCongo, est progressivement devenu une des régions les plus troublées dAfrique, en raison dun cocktail explosif entre haine interethnique et richesse du sous-sol.
Région reculée de limmense République démocratique du Congo, lIturi regorge dor, de pétrole, de bois et duranium. Ces richesses suscitent de nombreuses convoitises, notamment dun pays frontalier, lOuganda.
La région, qui fait partie de la vaste province orientale, est dune taille comparable à la superficie du Rwanda et du Burundi réunis.
Sa population est estimée entre 4.5 et 6 millions de personnes. Les conflits constants et le mouvement des populations déplacées par ces violences rendent difficile toute estimation plus précise.
Selon plusieurs estimations dorganisations de défense des droits de lHomme, quelque 50.000 personnes ont été tuées et 500.000 déplacées depuis 1999.
En plus des convoitises liées à ces richesses, lIturi a été pris dans la spirale de la guerre qui déchire la RDC depuis 1998. Les changements constants dadministration rebelle et lintervention dacteurs extérieurs ont miné la capacité des chefs traditionnels à régler les conflits interethniques.
Il existe de nombreuses ethnies en Ituri, mais toutes, sauf les Alur, se rangent soit du côté des Hema (minoritaires), soit du côté des Lendu (majoritaires). Certains rapprochent la composition ethnique de lIturi de celle du Rwanda et du Burundi, avec les Hutus majoritaires et les Tutsi minoritaires.
A lorigine des disputes interethniques en Ituri, figurait la question des terres. Les deux groupes vivent de lagriculture, mais les Hema possèdent aussi du bétail et sont souvent plus riches et mieux éduqués que les Lendu, ayant été favorisés par les Belges à lépoque coloniale.
Traditionnellement, les milices étaient armées de flèches et de lances, mais depuis la fin des années 80, divers groupes armés ont vendu leurs armes à la population de lIturi.
En plus de labondance darmes à feu dans la région qui na rien arrangé, la présence dacteurs étrangers, et notamment celle des militaires ougandais, a également exacerbé les conflits ethniques.
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