N° 270
du 20/05/2003

RD Congo


En Ituri, cocktail explosif entre haine interethnique
et richesse du sous-sol

En l’espace de quatre ans, le district de l’Ituri, au nord-est de la RDCongo, est progressivement devenu une des régions les plus troublées d’Afrique, en raison d’un cocktail explosif entre haine interethnique et richesse du sous-sol.
Région reculée de l’immense République démocratique du Congo, l’Ituri regorge d’or, de pétrole, de bois et d’uranium. Ces richesses suscitent de nombreuses convoitises, notamment d’un pays frontalier, l’Ouganda.
La région, qui fait partie de la vaste province orientale, est d’une taille comparable à la superficie du Rwanda et du Burundi réunis.
Sa population est estimée entre 4.5 et 6 millions de personnes. Les conflits constants et le mouvement des populations déplacées par ces violences rendent difficile toute estimation plus précise.
Selon plusieurs estimations d’organisations de défense des droits de l’Homme, quelque 50.000 personnes ont été tuées et 500.000 déplacées depuis 1999.
En plus des convoitises liées à ces richesses, l’Ituri a été pris dans la spirale de la guerre qui déchire la RDC depuis 1998. Les changements constants d’administration rebelle et l’intervention d’acteurs extérieurs ont miné la capacité des chefs traditionnels à régler les conflits interethniques.
Il existe de nombreuses ethnies en Ituri, mais toutes, sauf les Alur, se rangent soit du côté des Hema (minoritaires), soit du côté des Lendu (majoritaires). Certains rapprochent la composition ethnique de l’Ituri de celle du Rwanda et du Burundi, avec les Hutus majoritaires et les Tutsi minoritaires.
A l’origine des disputes interethniques en Ituri, figurait la question des terres. Les deux groupes vivent de l’agriculture, mais les Hema possèdent aussi du bétail et sont souvent plus riches et mieux éduqués que les Lendu, ayant été favorisés par les Belges à l’époque coloniale.
Traditionnellement, les milices étaient armées de flèches et de lances, mais depuis la fin des années 80, divers groupes armés ont vendu leurs armes à la population de l’Ituri.
En plus de l’abondance d’armes à feu dans la région qui n’a rien arrangé, la présence d’acteurs étrangers, et notamment celle des militaires ougandais, a également exacerbé les conflits ethniques.


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