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Le Conseil de sécurité de lOnu a avalisé le 16 mai un appel du secrétaire général de lOnu Kofi Annan demandant aux Etats membres de participer à une opération militaire durgence en République démocratique du Congo.
Les options soffrant à M. Annan incluent lenvoi dune force internationale durgence et (le Conseil) lencourage à achever les consultations à cette fin de façon urgente, selon la déclaration.
Mais les déclarations du Conseil nont pas de force juridique, et des sources diplomatiques françaises ont indiqué que Paris, seul pays ayant jusquà présent publiquement donné son accord à une participation, avait insisté pour quune résolution contraignante du Conseil fixe le mandat de la force et la durée des opérations.
Le communiqué du Conseil de sécurité a condamné les meurtres, les violences et autres violations des droits de lhomme et atrocités commises récemment à Bunia, où 12.000 civils, en quête de protection, se sont massés près de campements de Casques bleus légèrement armés.
Ces actes ne resteront pas impunis et leurs auteurs devront rendre des comptes, a encore promis le Conseil, en demandant la fin immédiate de combats inacceptables.
La France a cependant déclaré au Conseil de sécurité de lOnu quelle ne prendrait part à une opération militaire durgence en RD Congo que si le Rwanda et lOuganda demandaient cette force et soutenaient son déploiement.
Seul problème, le Rwanda, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Charles Murigande, a estimé que la France nest pas le pays le mieux indiqué pour prendre part à une opération militaire durgence en RD Congo.
La France nest pas le pays le mieux indiqué pour intervenir dans la région à cause du legs laissé par sa dernière intervention, a jugé le chef de la diplomatie rwandaise. Le legs, ce nest rien dautre que lopération Turquoise de larmée française durant le génocide de 1994 au Rwanda, sous légide de lOnu.
Paris avait envoyé une mission militaro-humanitaire qui avait joué un rôle très controversé durant le génocide. Kigali accuse toujours la France davoir, via Turquoise, favorisé voire organisé la fuite vers la RDC des principaux planificateurs et des milices qui ont perpétré le génocide.
Les conséquences dont souffre la région sont dues à Turquoise, qui a organisé le départ au Congo des ex-Forces armées Rwandaises (FAR) et des milices Interahamwe, a rappelé M. Murigande. Et d'ajouter : Nous navons jamais dit que nous étions opposés (à lintervention française) mais nous avons fait part de notre inquiétude. On ne peut pas être opposé au déploiement dune force dans un pays qui nest pas le notre.
Même son de cloche de la part de lUPC, qui considérera comme des ennemis les militaires français qui y seraient envoyés sous légide des Nations Unies, selon le chef de ce mouvement, Thomas Lubanga. Il a également accusé la France de soutenir Joseph Kabila, ajoutant que le soutien du président pour les Lendu nest pas un secret. Les Français veulent intervenir aujourdhui parce que leurs enfants favoris ont été chassés de la ville de Bunia, a ajouté Thomas Lubanga.
Plusieurs sources indépendantes ont effectivement accusé des policiers de Kinshasa envoyés à Bunia dy avoir armé les combattants Lendu. Ces mêmes sources ont accusé larmée ougandaise dy avoir armé des factions Hema, lors de son retrait de la ville, début mai.
Arrivée dune mission de reconnaissance militaire française
Faisant fi de ces inquiétudes, une mission de reconnaissance de larmée française est arrivée le 18 mai à Kinshasa doù elle se rendra en Ituri (nord-est) pour évaluer les besoins dun déploiement dune force internationale durgence des Nations unies. Cette mission est pour lheure composée de douze hommes, appartenant à lInfanterie de marine.
Le ministère français de la Défense a déclaré que lenvoi de soldats français dans lIturi serait une mission très complexe nécessitant des centaines de rotations davions gros-porteurs et davions de transport tactiques entre 100 et 200 pour le moment.
LONU dispose actuellement de quelque 700 hommes de maintien de la paix légèrement armés à Bunia. Le contingent français de la MONUC pourrait être, rapidement, rejoint par des forces sud-africaines dun régiment de Bloemfontein, selon une source sûre à Kinshasa.
De son côté, le Mouvement de libération du Congo (MLC) a affirmé être prêt à participer à une force mixte congolaise dans la région de lIturi. Nous sommes prêts à participer à la pacification de lIturi (...) en participant à une force mixte congolaise composée du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), du gouvernement de Kinshasa et du MLC, a déclaré le chef du MLC, Jean-Pierre Bemba.
Le RCD sétait déjà déclaré favorable à lidée dune force mixte congolaise issue du gouvernement de Kinshasa, du MLC et du RCD pour sécuriser lIturi.
Musevenu dénonce le tourisme dangereux
Enfin, le président ougandais Yoweri Museveni a appelé lui au déploiement dune force de lUnion africaine dans lIturi, considérant que le mandat actuel de Monuc était inutile.
La situation en Ituri nécessite une force de lUnion africaine avec un mandat propre incluant la surveillance dun cessez-le-feu et la défense des civils, a déclaré M. Museveni lors dune conférence de presse tenue conjointement avec le président burundais Domitien Ndayizeye à Kampala.
Le mandat actuel de la Monuc devrait être changé parce que le mieux quils puissent faire est dobserver les troubles sans agir. Ils (la Monuc) restent dans leurs véhicules alors que des personnes sont tuées. Cest du tourisme dangereux, a-t-il ajouté.
Le président de lAfrique du Sud, Thabo Mbeki, a appelé lui à un renforcement du mandat de la Monuc qui lui permettrait de mieux protéger les civils en RDC.
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