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Les rebelles de lUnion des patriotes congolais (UPC), petite rébellion congolaise, ont repris le contrôle lundi 12 mai de la majeure partie de Bunia, chef-lieu du district très troublé de lIturi au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), deux mois après en avoir été chassés par larmée ougandaise.
Cette prise de la ville, accompagnée de massacres de civils, a eu lieu malgré la présence de plusieurs centaines de soldats de la Mission de lOnu en RD Congo (Monuc), de plus en plus critiquée pour son impuissance dans cette région qualifiée de poudrière ethnique.
LUPC, dirigée par Thomas Lubanga, est une rébellion majoritairement hema, lethnie minoritaire dans lIturi, et est considérée comme proche du Rwanda. LUPC aurait repris la totalité de Bunia, après en avoir été chassé par larmée ougandaise le 6 mars.
Les combats à Bunia ont éclaté le 7 mai, peu après le retrait de la ville des derniers éléments de larmée ougandaise.
Le Rwanda et lOuganda soutenaient militairement divers mouvements rebelles congolais depuis le début de la guerre civile en RDC en août 1998.
Conformément à des accords de paix avec Kinshasa, Kigali a retiré complètement ses troupes à lautomne 2002 et Kampala la majeure partie des siennes à la même époque. Mais larmée ougandaise avait maintenu environ 4.000 hommes dans lIturi, officiellement à la demande de la Monuc, pour y garantir la sécurité.
Kampala a entamé fin avril le retrait de ses troupes. Le dernier soldat ougandais a quitté Bunia, juste avant le début des combats pour le contrôle de Bunia entre lUPC et des milices lendu.
Les affrontements interethniques entre Lendu et Hema ont fait quelque 50.000 morts et 500.000 déplacés depuis 1999.
La reprise de Bunia par les rebelles de lUPC a été accompagnée par de nombreux massacres de civils, essentiellement hema, par des membres de milices lendu, selon des sources onusiennes.
Douze personnes, dont trois bébés, ont ainsi été massacrées dimanche à Bunia. Les bébés ont été égorgés, ont eu la tête fracassée, tandis que les adultes ont été tués par balles, selon une responsable de lOnu.
Plus dune dizaine de personnes, dont deux prêtres, ont été tuées dans une paroisse de la ville après que les bâtiments de la Monuc eurent été attaqués.
Deux observateurs de la Monuc, un Jordanien et un Nigérian, ont été tués.
Seule avancée positive, le chef détat-major de lUPC, Floribert Kisembo, et Mathieu Ngudjolo, son homologue du Front de Résistance Patriotique de lIturi (FRPI), milice de lethnie rivale lendu, se sont rencontrés le 18 mai à Bunia, à linitiative de la MONUC, qui a assuré que les deux parties ont convenu de la présence simultanée de leurs états-majors à lintérieur de la ville de Bunia.
Un accord qui devait entrer en vigueur le 17 mai a été signé par les chefs de cinq factions qui se disputent la ville de Bunia et son district. Cet accord prévoit notamment, outre la cessation des hostilités, le cantonnement des belligérants, la démilitarisation de Bunia, et invite au déploiement de troupes étrangères sous légide de lOnu.
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