N° 272
du 17/06/2003

RD Congo


Le RCD-Goma s’est emparé de plusieurs villes
dans la région de Lubero, au grand dam de l’ONU

La MONUC a exigé le 12/06 le retrait immédiat des forces du RCD-Goma présentes dans le territoire de Lubero (est), «afin de préserver le processus de paix». Pour l’ONU, ce territoire doit pour l’heure rester sous administration du mouvement de Mbusa Nyamwisi, le RCD-ML. Le Représentant spécial de Kofi Annan en RD Congo, Amos Namanga Ngongi a invité les parties en conflit à une réunion dans les plus brefs délais sous l’égide de la MONUC.
«Le retrait des troupes du RCD-Goma, doit s’accompagner de celui, vers les zones gouvernementales, des Forces armées congolaises (FAC) présentes dans le territoire du RCD-ML», a toutefois ajouté la MONUC dans sa mise en garde.

Le RCD-Goma s’est emparé successivement des localités d’Alimbongo, le 8 juin, puis de Kanyabayonga (100.000 habitants) le 10 juin. Kanyabayonga est située près du Lac Edouard, à 100 km à vol d’oiseau de Goma, le quartier-général du RCD-Goma et Alimbongo, à environ 250 km au nord de Goma.
Le RCD-Goma s’est justifié en affirmant n’avoir exercé qu’un droit de poursuite, suite à «de nouvelles attaques de nos positions situées sur la ligne de front nord de la province du Nord-Kivu», selon Crispin Kabasele Tshimanga, chargé des relations extérieures du RCD-Goma. Crispin Kabasele Tshimanga a une nouvelle fois exclu toute participation des troupes rwandaises dans ces combats, alors que le chef du RCD-ML, Mbusa Nyamwisi, avait affirmé que des troupes rwandaises avaient participé aux affrontements. Aucune source indépendante - ni même la Monuc qui dispose de plusieurs milliers de soldats sur le terrain - n’a jamais confirmé ces allégations qui sont tout aussi régulièrement démenties par Kigali.
En réponse à ces accusations, Azarias Ruberwa, secrétaire général du RCD-Goma, a réclamé le retrait des troupes gouvernementales et le désarmement des milices alliées de Kinshasa dans la région de Lubero. M. Ruberwa a détaillé ces conditions au cours d’un entretien à Goma avec Lena Sundt, secrétaire représentative adjointe des Nations Unies à Goma.

Grogne de l’Ouganda

Suite à ces offensives du RCD-Goma, l’Ouganda n’est pas resté sans réaction et a prévenu qu’il «agirait» si les combats dans le nord-Kivu en arrivaient à menacer sa propre sécurité. «Nous réservons à ces combats l’attention qu’ils méritent et nous agirons si la situation se transforme en subversion contre l’Ouganda», a déclaré le 11/06 à Kampala le porte-parole de l’armée ougandaise, le commandant Shaban Bantariza.
«Nous avons tout à fait le droit, selon l’article 51 de la Charte des Nations Unies, d’assurer notre défense sur notre territoire ou au-delà de la frontière en cas de poursuite sur le fait», a-t-il ajouté.

L’article 51 établit le droit d’un Etat à exercer «sa défense individuelle ou collective en cas d’attaque armée» jusqu’à ce que le Conseil de sécurité de l’Onu «ait pris les mesures nécessaires au maintien de la paix et de la sécurité internationales».


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