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Cest le nom de code «Artemis» qui a été choisi pour lopération de maintien de la paix dans lIturi par lUnion européenne (UE), opération qui doit prendre fin le 1er septembre.
La France, qui a été choisie par lOnu pour être la nation-pilote de cette opération, et qui doit fournir environ 900 hommes sur un total de 1.400 à 1.700, a de son côté choisi le nom de code de «Mamba» pour ses activités dans cette opération.
Le Conseil de sécurité a autorisé cette force par la résolution 1484 du 30 mai.
Le commandement de lopération a été confié à un général français, Bruno Neveux. Le commandement des troupes sur place a été confié à un autre général français, Jean-Paul Thonier.
Le quartier général de lopération est situé au Centre de Planification et de Conduite des Opérations (CPCO), à Paris. Il comprendra des officiers de plusieurs pays participant à la force, ainsi que des représentants du secrétariat général du Conseil de lUE.
Le général Neveux exercera ses fonctions sous le contrôle politique des ambassadeurs membres du Comité politique et de sécurité (COPS) de lUnion européenne.
Cest «un défi sans précédent», a estimé la porte-parole du Haut représentant européen pour la politique extérieure, Javier Solana. La mission «Artemis» promet dêtre «complexe et risquée» et aucun Etat de lUE nen «sous-estime la difficulté», a-t-elle ajouté.
En mars dernier, les Européens avaient déployé 350 soldats pour veiller au maintien de la paix en Macédoine, avec laide logistique de lOtan.
Lopération de lUE en Ituri se fera de manière entièrement autonome. Selon un diplomate européen, des «règles dengagement robustes» sont à prévoir et des appareils avec «appui feu» seront utilisés. La force de lUE ne pourra agir quà Bunia, le chef-lieu de lIturi, et ses environs immédiats pour protéger laéroport et les camps de réfugiés.
Son objectif est de venir en aide à la population civile et au personnel humanitaire ou des Nations Unies, si la situation le requiert.
Après avoir exprimé des réticences, lAllemagne a apporté son soutien à lenvoi dune telle mission de paix. Son ministre de la Défense Peter Struck a même évoqué lenvoi éventuel de soldats de la Bundeswehr pour épauler des troupes françaises.
De son côté, la Belgique a déjà mis trois avions militaires à la disposition de lopération.
Le Premier ministre britannique Tony Blair avait lui exprimé des doutes sur les plans de déploiement de cette force, estimant quils nétaient «pas encore suffisamment avancés».
M. Blair a précisé que Londres participerait sans doute à cette mission de maintien de la paix mais quil sagira «essentiellement en termes de logistique et de soutien».
Réactions africaines
Une Force internationale pour favoriser le dialogue, selon Kampala
Pour lOuganda, un des acteurs-clés de la crise congolaise, cette force internationale devra favoriser le dialogue entre groupes armés. «La force seule nest pas suffisante, bien quil soit très important que quelquun vienne pour rétablir la paix. Mais cela ne doit pas être une paix imposée qui ne durera pas», a indiqué le général Kale Kaihura, commandant des troupes ougandaises qui se sont récemment retirées du nord-est de la RDC.
«Tout en utilisant la force, nous devons aussi envisager le dialogue» entre les parties en conflit, a-t-il ajouté.
En avril dernier, lOuganda avait averti dun «chaos» et dun «vide sécuritaire» si le retrait de ses troupes nétait pas accompagné dun déploiement conséquent des hommes de la Monuc. De fait, après que le dernier soldat ougandais eut quitté Bunia, début mai, de violents combats ont éclaté. Et, le 12 mai, les rebelles de lUPC ont repris le contrôle de la ville. Ils en avaient été chassés le 6 mars par ... larmée ougandaise.
«Ces tueries effroyables nauraient pas eu lieu, au moins pas à cette échelle, si ils (les soldats de la Monuc) sétaient déployés et nous avaient remplacés au moment où nous nous retirions», a encore commenté le général ougandais.
Pour le général Kaihura, la communauté internationale doit désarmer toutes les milices pour ramener la paix dans cette région. «Désarmer ces groupes est indispensable pour une solution à long terme. Mais cela requiert une implication de chacun dentre eux dans le processus de paix pour quils se sentent partie prenante de la solution», a-t-il souligné.
Il a rappelé que ces mouvements étaient «lourdement armés», ajoutant : «Pour les désarmer, on doit être prêt à leur donner quelque chose».
«Feu vert» du Rwanda
Le Rwanda, dont le feu vert était sollicité par la France, a fini par accepter le déploiement de cette force multinationale à Bunia, tout en estimant que les Français nétaient pas les mieux placés pour la diriger. «Nous pensions quon pouvait obtenir de meilleurs résultats avec des forces dautres pays, et nous le pensons toujours», a déclaré le ministre rwandais des Affaires étrangères, Charles Murigande.
A lannonce dune probable intervention de Paris dans lIturi, Kigali avait dans un premier temps estimé, le 15 avril par la voix de Patrick Mazimhaka, conseiller à la présidence rwandaise, quun tel déploiement serait «malvenu».
Selon les milieux diplomatiques, les chancelleries occidentales, et notamment la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, proches de Kigali, ont eu de nombreux contacts avec le gouvernement rwandais pour quil infléchisse sa position et le président rwandais, Paul Kagame, a donc fini par envoyer au secrétaire général de lOnu, Kofi Annan, une lettre dans laquelle il exprime son soutien au déploiement dune force multinationale neutre.
«Rester neutre» pour le RCD-Goma
Le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma) ainsi que lUPC, sétaient également dits hostiles à larrivée de soldats français. Le RCD-Goma a demandé à la force multinationale de «rester neutre». «La force doit rester neutre et ne pas aller soutenir Joseph Kabila, sinon elle échouera», a déclaré Crispin Kabasele-Tshimanga, ajoutant que cette force «ne doit pas singérer dans les questions politiques congolaises, et dans le processus de paix global».
Dès lannonce de lenvoi de troupes françaises, le chef de lUPC, Thomas Lubanga, avait donné le ton, affirmant que les Français seraient considérés «comme des ennemis». Il a assoupli sa position depuis, souhaitant même «bienvenue et bon travail» aux éléments précurseurs de la force...
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